Le paternalisme numérique de l'État français se heurte à la Constitution

Le Conseil constitutionnel a rejeté l'interdiction des réseaux sociaux proposée pour les adolescents, révélant la préférence du gouvernement pour la prohibition plutôt que la réforme véritable.

The French State's Digital Paternalism Collides with the Constitution

Il existe au sein de l'appareil politique français un instinct distinct, presque réflexe, pour résoudre les problèmes sociétaux complexes par l'instrument brutal de l'interdiction. La dernière cible de ce zèle réglementaire fut la vie numérique de la jeunesse de la nation. Les législateurs avaient envisagé une interdiction générale de l'utilisation des médias sociaux pour toute personne de moins de quinze ans. C'était une démonstration classique de paternalisme d'État, enveloppée sous le couvert de la protection de la jeunesse. Pourtant, cette grande vision d'une enfance numériquement assainie vient de se heurter aux fondements du droit français.

Le Conseil constitutionnel a fermement rejeté la législation proposée, annulant l'interdiction avant qu'elle ne puisse prendre racine. Le raisonnement juridique fourni par les juges était aussi simple que dévastateur pour les ambitions du gouvernement. Selon le Conseil, interdire aux adolescents l'accès aux plateformes sociales constitue une restriction inacceptable de leur liberté d'expression. La plus haute autorité constitutionnelle a essentiellement rappelé à la classe politique que les libertés civiles ne sont pas suspendues simplement parce qu'un citoyen n'a pas encore atteint son seizième anniversaire.

Cette mésaventure législative en dit long sur l'état actuel de la gouvernance française. Interdire des applications est, après tout, bien plus facile que de s'attaquer à la pourriture structurelle au sein de la République. Tandis que l'économie nationale stagne et que les finances de l'État atteignent des niveaux de plus en plus alarmants, les législateurs ont choisi de dépenser leur capital politique à surveiller les smartphones des adolescents.

C'est la marque d'une administration paralysée par des idéologies à tendance socialiste qui privilégient le contrôle étatique à une réforme significative. Lorsqu'un État ne peut pas réparer son système éducatif défaillant ou maintenir l'ordre public de base dans ses périphéries urbaines de plus en plus fracturées, il crée une diversion. Un couvre-feu numérique pour les mineurs fonctionne comme le théâtre politique parfait.

L'intervention de la cour agit comme un correctif nécessaire à cet excès de pouvoir. La tentative d'interdire globalement les plateformes numériques pour une tranche d'âge spécifique ignorait la réalité fondamentale selon laquelle le discours public moderne, pour le meilleur ou pour le pire, se déroule en ligne. En définissant l'accès aux médias sociaux comme une question de liberté d'expression, le Conseil constitutionnel a érigé une barrière significative contre de futures tentatives de censure numérique. La décision expose la profonde arrogance d'un organe législatif qui a supposé pouvoir facilement écarter les droits constitutionnels au nom d'un bien public vaguement défini.

Paris doit maintenant abandonner sa prohibition numérique. L'échec de cette loi force un miroir plutôt inconfortable sur l'élite politique. L'instinct de microgérer la vie des citoyens par des interdictions radicales s'est avéré juridiquement intenable. Peut-être que, privée de la capacité de légiférer sur le temps d'écran des adolescents, le gouvernement sera finalement contraint d'affronter les crises réelles et pressantes qui érodent les fondations du pays. Une économie fonctionnelle et des rues sûres sont, comme on peut s'y attendre, beaucoup plus difficiles à légiférer qu'une interdiction d'une application pour smartphone.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com