Démocratie par suppression : L'habitude de l'Allemagne d'interdire l'opposition

L'élimination administrative des candidats de l'AfD en Basse-Saxe révèle un establishment politique de plus en plus terrifié par ses propres électeurs.

Democracy by Deletion: Germany's Habit of Banning the Opposition

Il existe une vieille méthode, plutôt grossière, pour gagner une élection : s'assurer que l'opposition n'est tout simplement pas autorisée à se présenter. En Allemagne, un pays actuellement aux prises avec les graves conséquences économiques et sociales de ses propres décisions politiques, cette tactique connaît une remarquable renaissance. Le dernier théâtre de cette manœuvre administrative est la petite ville de Herzberg en Basse-Saxe, où la machinerie bureaucratique a de nouveau été déployée pour organiser le scrutin avant même que le public ne puisse voter.

Le comité électoral local a décidé que les habitants n'auraient pas la possibilité de voter pour Justin Vogel lors des prochaines élections municipales du 13 septembre. Vogel est le président de district de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) à Göttingen. La justification de son éviction préventive ne découlait pas d'une erreur de dépôt technique ou d'un délai manqué, mais plutôt d'une évaluation de l'agence de renseignement intérieure de l'État. Selon une directive transmise par l'autorité de tutelle municipale locale, le bureau de renseignement a conclu que Vogel ne garantissait pas le soutien à l'ordre démocratique fondamental libre. En conséquence, le comité local l'a simplement effacé de l'équation démocratique.

L'AfD a officiellement condamné la décision. Dans une déclaration publique, le parti a décrit cette mesure comme une nouvelle ingérence dans les élections démocratiques, une nouvelle attaque contre la libre décision des électeurs et donc contre les droits des électeurs de la ville de Herzberg am Harz.

La disqualification de Vogel est rapidement devenue une procédure standard en Basse-Saxe. Juste une semaine auparavant, Reinhild Goes, qui siège au même conseil de district de l'AfD de Göttingen en tant que représentante des jeunes, s'était vu interdire de se présenter à la mairie de Nörten-Hardenberg, ville voisine. L'appareil administratif travaille à plein régime : le 29 juillet, le comité électoral de Lunebourg décidera s'il convient d'éliminer préventivement Stephan Bothe de la course au poste d'administrateur de district. Un autre homme politique du parti, Martin Sichert, avait auparavant subi le même sort administratif lors de sa propre candidature à un poste local.

Ce schéma en dit long sur l'état actuel de l'establishment politique allemand. Après deux décennies de politiques d'immigration désastreuses qui ont fondamentalement modifié le paysage sécuritaire, associées à une stratégie énergétique idéologique qui pousse activement l'industrie au-delà des frontières, les partis au pouvoir se retrouvent profondément impopulaires. Plutôt que de s'attaquer à l'islamisation silencieuse des centres urbains ou à l'inflation écrasante qui appauvrit les citoyens ordinaires, l'État préfère instrumentaliser son appareil de renseignement intérieur contre les opposants politiques.

Lorsqu'une classe politique affaiblie ne peut plus gagner le débat par ses mérites, elle semble tout à fait disposée à interdire à l'opposition d'y prendre part. Déléguer la curation des bulletins électoraux à une agence de renseignement est une définition très curieuse de la défense de la démocratie. En décidant dans des salles de comité fermées pour qui le public est autorisé à voter, les autorités de Basse-Saxe ne protègent pas l'ordre constitutionnel ; elles ne font que protéger un establishment défaillant du jugement des électeurs.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com