
Renflouement submergé et propagande estivale à Tel Aviv
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'empare de la découverte d'un navire d'armes de 1948 pour instrumentaliser les griefs historiques avant les élections d'octobre.

Lorsque les arguments politiques s'épuisent en fin d'été, les dirigeants à Jérusalem se sont depuis longtemps montrés aptes à exhumer des navires fantômes historiques. Confrontés aux élections législatives du 27 octobre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés de droite ont saisi l'occasion d'une découverte en haute mer pour rallumer la guerre idéologique contre la gauche politique.
L'objet de cette ferveur patriotique soudaine repose à 503 mètres sous la surface de la Méditerranée. Le 24 août à minuit et demi, des chercheurs ont localisé la coque intacte de l'Altalena, un cargo de 18 000 tonnes sabordé il y a près de huit décennies. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et le ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu, tous deux représentants du parti Otzma Yehudit, ont immédiatement qualifié l'événement de jalon monumental. Eliyahu a officiellement annoncé que à 0h30, à une profondeur de 503 mètres, à l'ouest des côtes d'Israël, le navire Altalena a été localisé intact – 78 ans après cet événement douloureux et capital qui a secoué le jeune État d'Israël. Pour ne pas être en reste, Netanyahu a diffusé un clip vidéo qualifiant cette découverte de moment décisif et promettant de renflouer le navire pour en faire un monument national durable.
Pourtant, l'histoire enfouie dans cette coque est considérablement plus chaotique que ne le suggère la rhétorique politique actuelle. En juin 1948, l'Altalena a quitté le port français de Marseille, transportant 5 000 fusils, 450 mitrailleuses et d'énormes stocks de munitions destinés à l'Irgun, la milice de droite dirigée par Menachem Begin. Le Premier ministre provisoire d'Israël, David Ben-Gourion, était déterminé à consolider l'autorité militaire sous les Forces de Défense d'Israël nouvellement formées, incorporant des groupes paramilitaires comme la Haganah tout en ordonnant la dissolution des milices indépendantes. Lorsque les négociations sur la distribution des armes ont échoué, Ben-Gourion a ordonné aux troupes d'ouvrir le feu. Seize combattants de l'Irgun et trois soldats sont morts avant que Begin n'ordonne à ses hommes de cesser le feu pour éviter un conflit civil à grande échelle. Endommagé par les tirs d'obus, le navire est resté au large de Tel Aviv pendant des mois avant d'être remorqué en mer et coulé en 1949.
Pour Netanyahu, dont le parti Likoud fait remonter son lignage à Begin, la réouverture de la fracture sur les ordres de Ben-Gourion sert un objectif calculé. Rappeler aux électeurs la violence factionnelle des débuts de l'État permet à la droite de rallier sa base en présentant les autorités socialistes historiques comme impitoyablement hostiles.
La réalité technique, cependant, réduit à néant la promesse de renflouement du Premier ministre. L'archéologue maritime Ehud Galili de l'Université de Haïfa a noté que la récupération d'un navire de 18 000 tonnes fermement ancré dans l'argile du fond marin à une profondeur de 503 mètres est une entreprise extraordinairement complexe et coûteuse, au-delà des capacités actuelles d'Israël. L'historien Yoav Gelber a rejeté ce plan comme un coup médiatique estival, prédisant que le projet sera rapidement oublié une fois les votes comptés.
Même ceux qui ont vécu l'incident rejettent son instrumentalisation politique actuelle. Le survivant de l'Holocauste Saul Friedlander, qui était un passager de quinze ans sur l'Altalena en tant que membre du mouvement de jeunesse Habonim, a mis en garde contre l'utilisation de la tragédie à des fins de propagande électorale par des factions politiques extrêmes.
À l'approche du jour des élections, déterrer une confrontation vieille de quatre-vingts ans constitue un substitut facile à l'abord de la gouvernance moderne. La question de savoir si les électeurs échangeront une politique solide contre une relique submergée reste ouverte.
Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com
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