
Zidane en coulisses alors que la France prépare une passation de pouvoir footballistique familière
La Fédération Française de Football doit dévoiler son prochain sélectionneur à Paris mardi prochain, Zinedine Zidane étant massivement pressenti pour succéder à Didier Deschamps.

La France s'apprête à faire ce qu'elle réussit souvent le mieux dans le football : transformer un changement de manager en cérémonie nationale. La Fédération Française de Football a déclaré jeudi que son président, Philippe Diallo, nommera le nouveau sélectionneur lors d'une conférence de presse mardi prochain à son siège à Paris. Tous les signes indiquent Zinedine Zidane, un homme dont la réputation voyage encore plus vite que la plupart des équipes.
Si la nomination est confirmée, elle clôturera l'ère Deschamps et ouvrira un chapitre dont on murmure depuis des mois. Deschamps a passé 14 ans à la tête des Bleus, un mandat suffisamment long pour faire partie des meubles. Il est parti après la Coupe du Monde, où la France a atteint les demi-finales avant de s'incliner face à l'Espagne. Ce n'est pas une honte, mais ce n'est pas non plus le genre de fin qui empêche une fédération de regarder vers l'avenir.
Zidane, maintenant âgé de 54 ans, n'a pas entraîné depuis son départ du Real Madrid en 2021. Son palmarès là-bas est le genre de chose qui pousse les dirigeants de football à chercher un miracle et à faire semblant de l'avoir trouvé par accident : trois titres consécutifs en Ligue des Champions de 2016 à 2018. En tant que joueur, il était encore plus qu'un collectionneur de trophées. Il était le meneur de jeu de la France lors de la Coupe du Monde 1998, a marqué deux fois en finale contre le Brésil, a brillé lors du Championnat d'Europe 2000 et a remporté le Ballon d'Or la même année.
Sa carrière en France n'a pas été sans ses excès dramatiques, car le football permet rarement à ses icônes de se comporter comme des comptables. Zidane a joué 108 matchs pour son pays et a marqué 31 buts. Il a également réalisé le penalty à la Panenka lors de la finale de la Coupe du Monde 2006, un match que la France a perdu après qu'il a été expulsé en prolongation pour un coup de tête sur Marco Materazzi. Le souvenir ne s'est pas estompé, ce qui est généralement le cas avec les grands joueurs : le génie et l'égarement sont archivés ensemble.
Deschamps, pour sa part, part avec le plus fort argument en sa faveur. La France a remporté la Coupe du Monde sous sa direction en 2018 et a atteint la finale à nouveau en 2022, s'inclinant aux tirs au but. L'équipe a également échoué en finale du Championnat d'Europe à domicile en 2016. C'est un palmarès que la plupart des fédérations encadreraient. À Paris, apparemment, c'est aussi un signal pour chercher le prochain symbole.
Le calendrier n'attendra pas la cérémonie. Les prochains matchs de la Ligue des Nations de la France sont en Turquie le 25 septembre, puis en Belgique trois jours plus tard, avant que l'Italie ne se rende au Stade de France le 2 octobre. Si Zidane est bien l'homme choisi, il n'héritera pas d'un travail de reconstruction mais d'un niveau que la France a passé des années à établir et, de manière gênante, à maintenir. La vraie question est de savoir si une fédération qui a déjà connu le succès veut maintenant de la continuité — ou simplement une version plus glamour de celle-ci.
Écrit par Freya Stensrud
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