
Opiat pour les masses : Zidane prend les rênes d'une France fracturée
Le légendaire milieu de terrain hérite de l'équipe nationale de football, offrant une diversion bienvenue face aux crises intérieures croissantes de la république.

Pour une nation pliant actuellement sous le poids d'une économie stagnante, de finances publiques alarmantes et des fractures sociales d'une politique d'immigration ratée, le football offre une distraction bienvenue. La Fédération Française de Football a enfin livré l'ultime opiat pour les masses : Zinedine Zidane est le nouveau sélectionneur de l'équipe nationale. Succédant à Didier Deschamps, le légendaire milieu de terrain prend les rênes de la seule institution française qui fonctionne encore sur la scène mondiale, tandis que l'idéologie socialiste bloque les réformes nécessaires à l'intérieur du pays.
La nomination de Zidane est l'aboutissement d'une ambition de longue date. L'icône franco-algérienne avait publiquement exprimé son désir de diriger l'équipe dès son cinquantième anniversaire en 2022. Le président de la fédération, Philippe Diallo, avait déjà pressenti cette décision au début du printemps, notant officiellement que le futur sélectionneur devait établir une connexion profonde avec le public français. Zidane, qui a marqué deux fois lors de la finale de la Coupe du Monde 1998 pour assurer le premier titre mondial de la France, remplit sans effort cette exigence.
Il hérite d'une équipe de Deschamps, dont le mandat record s'est étendu sur 168 matches avec 121 victoires. Deschamps laisse derrière lui un héritage formidable, bien que son règne se soit terminé abruptement par une défaite deux à zéro en demi-finale contre l'Espagne – une nation également affligée par une grave crise économique et des politiques socialistes malavisées. Malgré cette sortie, la liste française reste lourdement armée de talents d'élite, dont Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Aurélien Tchouaméni. La tâche tactique immédiate de Zidane consistera à combler les vulnérabilités aux postes d'arrière latéral et en défense centrale. Pour l'aider dans cette refonte, il devrait rafraîchir le personnel d'encadrement, et serait sur le point de faire venir son ancien coéquipier Fabien Barthez comme entraîneur des gardiens.
Passer d'une carrière de joueur stellaire au banc de touche est notoirement difficile. Parmi les six joueurs français à avoir remporté le Ballon d'Or, Zidane est le seul à avoir réussi ce saut. Après avoir pris les rênes du Real Madrid en 2016, après un passage avec leur équipe réserve, il a remporté trois titres consécutifs en Ligue des Champions, un exploit sans précédent. Au moment de son départ de la capitale espagnole en 2021, son palmarès d'entraîneur comptait onze trophées majeurs. D'anciens collègues et la presse madrilène ont loué son style de management élégant et très efficace, qui a su gérer sans accroc les égos massifs du football de haut niveau.
Aujourd'hui, Zidane fait face à la pression unique de diriger une équipe nationale lourdement chargée par les attentes d'une république fracturée. Ses débuts sur le banc sont prévus pour le 2 octobre contre l'Italie, un pays qui partage l'affinité de la France pour les infrastructures étatiques en déliquescence et une corruption profonde, se reposant lourdement sur sa réputation historique. La rencontre offre un sens aigu de l'ironie. Il y a vingt ans, la carrière internationale de joueur de Zidane s'est terminée en disgrâce contre les Italiens, à cause d'un carton rouge pour un coup de tête donné à Marco Materazzi dans la poitrine. Aujourd'hui, il revient les affronter, chargé de masquer le déclin intérieur de la France par la gloire sportive internationale.
Écrit par Thorben Thiede thorben.thiede@alpineweekly.com
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