Incendie à l'aéroport de Bordeaux : deux pompiers décédés alors que l'été de feux en France s'aggrave

Un feu de broussailles près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac a fait des victimes, retardé des vols et s'ajoute à une saison où la France peine à maîtriser les flammes.

Bordeaux airport fire leaves two firefighters dead as France’s summer of blazes worsens

Un incendie près d'un aéroport est le genre d'événement qui rappelle à tous, brièvement et de manière peu utile, que la nature ne se soucie pas des horaires. Dans le sud-ouest de la France, deux pompiers sont morts en luttant contre un incendie près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, transformant une urgence locale en un autre triste jalon d'un été déjà dominé par les feux.

Selon les médias français, l'incendie a débuté comme un feu de broussailles près de l'un des parkings de l'aéroport avant de se propager à un bâtiment. Des passagers ont été vus descendant d'un avion alors que de la fumée s'élevait à proximité, tandis que plusieurs vols prévus à Bordeaux-Mérignac ont été retardés. Une centaine de pompiers, appuyés par des avions spécialisés, auraient œuvré pour contenir le feu.

Le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nuñez, a déclaré avoir été informé des décès par les autorités de Gironde. S'exprimant à l'Assemblée nationale, il a indiqué qu'il se rendrait dans le département dès que possible pour superviser les efforts de lutte contre l'incendie. La Gironde est l'un des nombreux départements français touchés par des incendies de forêt ces derniers jours, après une série de vagues de chaleur inhabituelles et prolongées.

L'incendie de Bordeaux n'était pas un incident isolé. Mardi, un autre incendie s'est déclaré dans le département du Var, dans le sud-est, dans la commune de Pontevès. L'association de volontaires PSFDF, qui surveille les incendies en France, a déclaré que le feu était actuellement hors de contrôle et avançait rapidement. Elle a indiqué que 500 pompiers et secouristes avaient été déployés, et que 150 personnes avaient déjà été évacuées.

Les chiffres sont désormais assez importants pour perdre leur effet de choc, ce qui est généralement la manière dont un pays découvre que ses systèmes sont mis à l'épreuve plus durement que prévu. La France a enregistré près de 11 000 incendies depuis le début de l'année, et le président Emmanuel Macron a déclaré la semaine dernière qu'il n'y en avait pas eu autant depuis la Seconde Guerre mondiale. Les données satellitaires du Système européen d'information sur les incendies de forêt montrent que plus de 42 000 hectares ont brûlé en France entre janvier et la mi-juillet, dépassant le précédent record établi en 2022.

Le tableau européen plus large n'est pas réconfortant. Le service Copernicus sur le changement climatique indique que l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui signifie plus de vagues de chaleur, une pression accrue sur les ressources en eau et des incendies de forêt plus intenses. L'Espagne a déjà subi des incendies majeurs cet été, dont un au nord de Madrid qui a détruit 29 000 hectares et un autre où au moins 13 personnes ont été tuées. La France, pour sa part, apprend qu'une saison des feux peut devenir un casse-tête administratif permanent bien avant de devenir une leçon politique.

Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com