
Un déficit soudain dans le grand livre de la nature : les micro-chauves-souris manquantes d'Australie
La disparition inexpliquée de 5 000 chauves-souris en danger critique d'extinction pose un grave problème de comptabilité pour les écologistes et l'agriculture.

La disparition soudaine de 5 000 minioptères de la Bend-wing du Sud d'une importante grotte de maternité australienne a laissé les écologistes sans réponse. Dans la grotte de Naracoorte, en Australie du Sud, un site de reproduction estival essentiel et l'un des trois seuls sites de maternité pour l'espèce, la population de chauves-souris adultes a chuté de manière inattendue. Pour une espèce déjà au bord de la viabilité, un choc démographique soudain d'une telle ampleur représente un problème de comptabilité plutôt difficile pour les conservationnistes.
Au cours des cinq dernières années, le site de Naracoorte a accueilli de manière fiable une population maximale moyenne de 28 600 chauves-souris adultes. Le décompte estival le plus récent a cependant révélé un déficit d'entre 14 et 16 pour cent. Les chercheurs de Zoos Victoria notent que cette chute inclut les taux de survie masculins les plus bas enregistrés en une décennie. Parce que ces micro-chauves-souris aux tons roux peuvent vivre jusqu'à 22 ans mais ne produisent qu'un seul petit par an, elles comptent beaucoup sur la longévité des adultes pour maintenir leurs effectifs. Une chute soudaine de la population adulte perturbe inévitablement cette arithmétique biologique fragile.
La trajectoire historique du minioptère de la Bend-wing du Sud offre une leçon édifiante sur le déclin environnemental. Dans les années 1960, les décomptes de population sur le site de Naracoorte, classé au patrimoine mondial, enregistraient jusqu'à 200 000 individus. Aujourd'hui, l'animal a la triste distinction d'être l'un des huit mammifères d'Australie en danger critique d'extinction. Au-delà des simples mesures de biodiversité, ce déclin représente la perte d'un service agricole hautement efficace et entièrement gratuit. Les chercheurs de l'Université de Melbourne soulignent que ces butineurs nocturnes jouent un rôle essentiel dans la suppression des ravageurs agricoles et des insectes porteurs de maladies dans le sud-ouest de l'État de Victoria et le sud-est de l'Australie-Méridionale.
Le catalyseur précis de la disparition actuelle reste inconnu, bien que la liste des suspects soit longue et familière. Le défrichage des habitats, la sécheresse prolongée et une baisse correspondante de la population d'insectes volants sont tous examinés. L'interférence humaine dans les grottes non reproductrices, dont beaucoup se trouvent sur des propriétés privées, ajoute une autre variable. Pendant ce temps, le département de l'environnement d'Australie-Méridionale pointe le danger mécanique des éoliennes, ainsi que le risque théorique du syndrome du museau blanc, une maladie non encore détectée sur le continent mais néanmoins surveillée comme une menace potentielle.
Dans une tentative d'ingénierie d'une récupération, une initiative financée par le gouvernement fédéral et gérée par le Limestone Coast Landscape Board travaille avec les propriétaires fonciers locaux pour restaurer les habitats. La stratégie implique la replantation d'herbes indigènes, d'acacias, de hakeas, de banksias et d'eucalyptus pour attirer les papillons de nuit, augmentant ainsi artificiellement l'approvisionnement alimentaire des chauves-souris. C'est une tentative pragmatique, voire quelque peu désespérée, de gérer le paysage pour une espèce qui occupe la région depuis un demi-million d'années. La question de savoir si un effort de jardinage localisé peut compenser les pressions environnementales et infrastructurelles plus larges à l'origine de ce déclin fait l'objet d'un débat continu.
Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com
Dernières nouvelles





