Un candidat de gauche français conteste le résultat des élections à Toulouse suite à des soupçons d'ingérence étrangère

François Piquemal a déposé une plainte pénale, alléguant une campagne de désinformation coordonnée impliquant de faux sites web et comptes de réseaux sociaux.

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Le candidat de gauche défait aux élections municipales de Toulouse a demandé l'annulation du vote et a déposé une plainte pénale, alléguant qu'une ingérence numérique étrangère aurait pu influencer le résultat.

Le maire sortant Jean-Luc Moudenc, représentant le parti conservateur Les Républicains, a remporté l'élection le 28 mars avec 53,17 % des voix, devant son rival de La France insoumise, François Piquemal. Peu après le résultat, Piquemal a annoncé sur les réseaux sociaux qu'il engagerait des poursuites judiciaires pour enquêter sur la manière dont une ingérence étrangère aurait pu affecter le vote.

Son équipe juridique allègue que de faux sites web et des comptes de réseaux sociaux ont diffusé de la désinformation visant à discréditer le candidat. Ils affirment avoir été alertés de cette ingérence présumée par le réseau français de coordination et de protection des élections, qui inclut VIGINUM, l'organisme gouvernemental de surveillance de l'ingérence numérique étrangère.

Plus tôt en mars, le journal français Le Monde a rapporté une campagne de dénigrement coordonnée ciblant plusieurs candidats de La France insoumise, dont Piquemal. Selon le rapport, de faux sites web et des comptes de réseaux sociaux ont fait circuler de fausses allégations à son sujet, y compris des accusations infondées de pédophilie publiées sur Facebook. La plupart de ces contenus ont depuis été supprimés. VIGINUM a déclaré que la portée globale de la campagne semblait limitée, d'après les faibles chiffres d'engagement, mais a reconnu qu'il était difficile de mesurer son véritable impact.

Pendant le week-end du 22 mars, alors que les électeurs se rendaient aux urnes pour le second tour, d'autres incidents ont été signalés. De fausses publicités de campagne, prétendant soutenir La France insoumise, sont apparues sur diverses plateformes en ligne, y compris le marché en ligne Vinted, le jeu mobile Candy Crush, des sites de paris sportifs, et aux côtés de contenus du journal régional La Dépêche du Midi. Ces publicités présentaient le slogan de campagne du candidat et des logos liés à des groupes militants, mais contenaient également des messages racistes.

La directrice de campagne de Piquemal a déclaré à l'équipe de vérification des faits d'Euronews que la campagne avait été informée des publicités après que des personnes eurent envoyé des captures d'écran. Elle a précisé que les publicités semblaient avoir circulé en ligne pendant environ quatre heures. Elle s'est dite certaine que cela avait eu un impact sur le second tour, soulignant que le contenu était apparu pendant la période de silence électoral légalement obligatoire, lorsque la campagne politique est interrompue. Pendant ce temps, a-t-elle dit, des milliers de personnes auraient pu être exposées à des messages diffamatoires, racistes et islamophobes.

Le réseau français de coordination et de protection des élections affirme avoir identifié quatre cas distincts d'ingérence numérique étrangère présumée liés aux élections municipales de 2026. Une technique implique des tentatives de nuire ou de manipuler l'image publique de candidats politiques par le biais d'activités en ligne coordonnées.

VIGINUM a déclaré avoir identifié un nouveau modus operandi informationnel compatible avec une ingérence étrangère, impliquant un réseau de sites web et de comptes de réseaux sociaux présentant des marqueurs techniques suggérant une activité provenant de l'étranger. Une enquête est actuellement en cours pour identifier les responsables. Jusqu'à présent, aucun coupable n'a été publiquement nommé, et il reste incertain si la campagne présumée a eu un effet mesurable sur le résultat du vote.

Écrit par Thomas Nussbaumer