
L'Autriche refuse les survols militaires américains invoquant sa neutralité, rejoignant une contestation européenne croissante
Cette décision place l'Autriche aux côtés de la Suisse, de l'Espagne, de l'Italie et de la France, incitant le président Trump à qualifier l'OTAN de « tigre de papier ».

L'Autriche a rejeté toutes les demandes américaines de survols militaires de son territoire depuis le début de la guerre en Iran, invoquant sa politique de neutralité de longue date, a confirmé jeudi un porte-parole du ministère de la Défense.
Le colonel Michael Bauer a déclaré que les demandes ont été reçues et refusées dès le départ, ajoutant que chaque fois qu'une demande similaire concerne un pays en guerre, elle est refusée. L'Autriche est un pays neutre depuis 1955 et est entourée d'États membres de l'OTAN au nord, au sud et à l'est, avec la Suisse neutre à l'ouest.
Mi-mars, la Suisse, invoquant également sa neutralité, avait déclaré avoir refusé l'utilisation de son espace aérien pour les opérations militaires américaines liées au conflit. Mardi, il est apparu que l'Italie avait également refusé à un avion américain l'autorisation d'atterrir alors qu'il était en route vers le Moyen-Orient pour une mission de combat.
L'Espagne a interdit à tous les avions militaires américains impliqués dans la guerre d'utiliser son espace aérien et ses bases militaires, étendant une restriction antérieure qui ne s'appliquait qu'à deux installations américaines sur le sol espagnol. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a confirmé l'interdiction élargie, déclarant que Madrid bloquerait tout vol américain lié au conflit d'entrer dans l'espace aérien espagnol. Il a ajouté que l'Espagne ne devrait rien faire qui puisse faire escalader le conflit, et que cette décision reflète le sentiment majoritaire des Espagnols qui s'opposent à la guerre et s'aligne sur les principes de l'ONU.
Le bureau du président français Emmanuel Macron a exprimé sa surprise face aux critiques de Trump à l'égard de la France, la jugeant très peu utile pour ne pas autoriser les avions transportant des fournitures militaires pour le conflit à survoler son territoire.
Ces décisions, ainsi que la réticence des alliés à rejoindre une force navale pour rouvrir le détroit crucial d'Ormuz, ont conduit Trump à qualifier l'OTAN de tigre de papier mercredi et à déclarer qu'il n'était plus question de reconsidérer un retrait américain de l'alliance. Il a affirmé n'avoir jamais été convaincu par l'OTAN et avoir toujours su que c'était un tigre de papier, ajoutant que le président russe Vladimir Poutine le savait aussi.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a fait écho à ces commentaires, affirmant que les États-Unis devront réexaminer leur relation avec l'OTAN après la conclusion du conflit. Il a déclaré que la valeur de l'alliance pour les États-Unis devrait être réévaluée.
Les commentaires de Trump ont été vivement critiqués jeudi par le président français, qui a déclaré que le président américain sapait l'OTAN en créant quotidiennement des doutes sur son engagement envers l'alliance. S'exprimant lors d'une visite d'État à Séoul, Macron a affirmé que si l'on crée quotidiennement des doutes sur son engagement, on le vide de sa substance, ajoutant qu'il y avait trop de discussions partant dans toutes les directions.
Écrit par Thorben Thiede
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