
L'illusion des gratte-ciel de Zurich : un choix entre la bureaucratie et encore plus de bureaucratie
Les citoyens votent sur de nouvelles règles de zonage qui réussissent l'exploit de restreindre la hauteur sans créer un seul appartement supplémentaire.

Dans une ville confrontée à une offre de logements limitée, l'électorat de Zurich est appelé à décider de la hauteur que sa skyline pourra atteindre. Cependant, quiconque s'attend à une adoption audacieuse de la densité verticale sera déçu. Le prochain référendum sur la révision des règlements de construction et de zonage offre un choix entre deux variantes de contraintes bureaucratiquement ajustées, dont aucune n'augmente réellement la densité de surface au sol autorisée dans la municipalité.
Au cœur du vote se trouvent deux projets concurrents nés d'un référendum parlementaire initié par 42 membres du conseil municipal. L'exécutif de la ville, le Stadtrat, présente la Proposition B. Celle-ci vise à maintenir la surface totale désignée pour les immeubles de grande hauteur à peu près identique aux niveaux actuels tout en étendant les zones pour les bâtiments entre 25 et 40 mètres dans les quartiers périphériques tels que Schwamendingen, Seebach, Affoltern et Albisrieden. Selon ce plan, un plan d'aménagement spécial approuvé par le conseil n'est déclenché qu'une fois qu'une structure atteint 80 mètres.
La branche législative, le Gemeinderat, propose la Proposition A, une alternative nettement plus restrictive. Cette version réduit drastiquement les zones de 40 mètres, confinant ces bâtiments à des pôles de quartier sélectionnés. Elle impose des concours d'architecture pour tous les immeubles de grande hauteur, des règles strictes sur l'utilisation du rez-de-chaussée et des espaces communs, et applique un plan d'aménagement obligatoire approuvé par le conseil à partir de 60 mètres seulement. Si un promoteur obtient une utilisation supplémentaire par le biais d'un plan d'aménagement, la Proposition A exige qu'elle soit entièrement dédiée au logement abordable.
Cette division a produit une coalition politique inhabituelle. Les sociaux-démocrates, les Verts et la Gauche Alternative se sont alliés au parti de droite UDC (Union Démocratique du Centre) pour défendre la Proposition A, invoquant des craintes de déplacement de locataires et d'augmentation des coûts. S'opposant à eux, le PLR (Parti Libéral-Radical), les Vert'libéraux et Le Centre soutiennent la Proposition B de l'exécutif, considérant les bâtiments de 40 mètres comme un outil pragmatique pour le développement urbain. Les électeurs pourront approuver ou rejeter les deux options individuellement, en utilisant une question de départage pour résoudre une éventuelle double acceptation. Les deux propositions partagent un terrain d'entente : elles réduisent toutes deux les zones existantes de 80 mètres et introduisent une catégorie intermédiaire de 60 mètres, maintenant les zones de grande hauteur strictement comme des zones conditionnelles où les projets restent soumis à des contrôles de compatibilité locaux.
Comme si naviguer entre des plans de zonage concurrents ne suffisait pas, le scrutin local comprend quatre mesures municipales supplémentaires. Les politiciens zurichois demandent aux électeurs d'approuver une augmentation de salaire moyenne de 30 % pour les membres du conseil municipal. Parallèlement, un crédit-cadre de 80 millions de francs suisses est demandé pour la planification précoce et l'amélioration opérationnelle des transports publics. La Société des Beaux-Arts de Zurich et la fondation Kunsthaus devraient bénéficier d'une augmentation annuelle de subvention de 7,3 millions de francs, portant le soutien total de la ville à environ 25,8 millions de francs. Enfin, les électeurs décideront s'il faut réviser la base juridique de l'Organisation d'asile de Zurich, en actualisant des règles inchangées depuis 2006.
Écrit par Thorben Thiede
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