
Mandat de Zurich sur le suicide assisté : Quand la contrainte étatique rencontre la conscience privée
Un prochain référendum cantonal force les électeurs à choisir entre l'autodétermination individuelle et l'autonomie institutionnelle des établissements de soins privés.

Le 27 septembre, les électeurs du canton de Zurich décideront si la conscience privée doit se plier au mandat public dans le domaine des soins de fin de vie. Une initiative populaire, exigeant à l'origine un accès universel dans toutes les installations, a été modifiée par le parlement cantonal en une contre-proposition qui n'exclut que les cliniques psychiatriques et les prisons. Désormais contestée par un référendum, la législation proposée cherche à contraindre chaque hôpital et maison de retraite du canton à autoriser le suicide assisté dans leurs murs.
Le suicide assisté bénéficie d'une large acceptation sociale en Suisse, pourtant les réglementations actuelles à Zurich permettent aux institutions privées et aux hôpitaux d'interdire cette pratique dans leurs locaux. Les foyers financés par des fonds publics, qui représentent environ 90 % des établissements de soins du canton, sont déjà obligés d'autoriser le suicide assisté. Le vote en suspens éliminerait les dernières poches de refus institutionnel, forçant les établissements privés et religieux à ouvrir leurs portes aux organisations d'aide au suicide.
Le débat oppose l'autodétermination individuelle à l'autonomie institutionnelle. Les partisans de la loi soulignent la souffrance physique causée lorsque les patients sont contraints de quitter les hôpitaux pour mourir chez eux. La conseillère cantonale vert'libérale Claudia Hollenstein a raconté comment son père en phase terminale avait dû endurer un voyage non sédaté de retour chez lui depuis un hôpital de Zurich pour maintenir la capacité mentale requise pour le suicide assisté, simplement parce que l'hôpital refusait d'accommoder la procédure.
Les opposants, cependant, soutiennent que les établissements privés devraient conserver le droit de maintenir des espaces sanctuaires. Markus Schaaf, un parlementaire cantonal du PEV qui gère la maison de retraite Zentrum Rämismühle dans la région de Tösstal, soutient que permettre le suicide assisté impose un fardeau psychologique au personnel et aux résidents voisins. Il met en garde contre la normalisation de la mort assistée au point où les résidents âgés pourraient se sentir réduits à de simples fardeaux financiers.
Zurich n'est guère un terrain pionnier en la matière. Des cantons comme Genève et le Valais exigent déjà de tous les hôpitaux et établissements de soins qu'ils tolèrent le suicide assisté, tandis que Vaud, Neuchâtel, le Jura et les Grisons imposent des obligations similaires aux institutions publiques mandatées. Les parlements de Nidwald et de Soleure ont également approuvé des mesures comparables.
Pourtant, l'impact pratique à Zurich pourrait être modeste par rapport à la friction idéologique qu'il génère. Les statistiques montrent que la grande majorité des personnes optant pour le suicide assisté décèdent dans leur propre résidence ou dans les locaux d'organisations spécialisées. Seulement environ 15 % des décès assistés ont lieu dans des maisons de retraite, et les cas dans les hôpitaux restent des occurrences isolées rares.
Les électeurs zurichois sont donc appelés à décider si la contrainte étatique est nécessaire pour normaliser une pratique qui se déroule de toute façon majoritairement derrière les portes résidentielles privées. Le référendum présente un dilemme suisse classique : une impulsion bien intentionnée pour l'autonomie personnelle qui piétine inévitablement la liberté des organisations privées confessionnelles de définir leur propre éthique opérationnelle.
Écrit par Andreas Hofer andreas.hofer@alpineweekly.com




