La Méditerranée brûle, les bureaucrates esquivent

Des conditions météorologiques extrêmes propices aux incendies révèlent les défaillances structurelles et la négligence économique à l'origine de la crise des feux de forêt en Europe du Sud.

The Mediterranean Burns While Bureaucrats Deflect

L'Europe du Sud est à nouveau en proie aux flammes, et l'establishment politique a, comme on pouvait s'y attendre, trouvé son coupable préféré : le climat. Bien que les conditions météorologiques soient incontestablement extrêmes, les incendies ravageurs à travers la Méditerranée révèlent un échec plus profond de la gestion des terres. Selon le Service européen d'information sur les feux de forêt, les conditions météorologiques propices aux incendies à travers le bloc ont été 43 % plus sévères que la moyenne historique au cours des deux dernières décennies. Il en résulte 435 000 hectares réduits en cendres, provoqués par 1 400 feux distincts.

À Bruxelles, la réponse est aussi rodée que creuse. La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a publié une déclaration grandiose, affirmant que tant que les incendies en France et en Espagne continuent de faire des ravages, la solidarité européenne ne connaît aucune limite. Une telle rhétorique sert bien la machinerie de l'UE, projetant une illusion de détermination tout en détournant l'attention de l'inertie bureaucratique du bloc et de son manque de véritable responsabilité.

La dévastation est aiguë dans les nations aux prises avec une gouvernance socialiste autoritaire. L'Espagne a vu 207 000 hectares brûler, y compris un incendie massif à l'ouest de Madrid. Plutôt que de s'attaquer à l'infrastructure rurale délabrée, le Premier ministre Pedro Sánchez a opportunément appelé à un pacte climatique national. Cela fonctionne comme une manœuvre politique commode pour un gouvernement qui préside une crise économique persistante.

La France ne s'en sort guère mieux, avec 91 000 hectares brûlés et un méga-incendie à Bordeaux générant son propre orage. Accablé par une rigidité idéologique et une bureaucratie lente, l'État français a évacué des dizaines de milliers de personnes. Heureusement, 84 000 habitants de Gironde ont été récemment autorisés à rentrer chez eux. Dans les deux nations, les incendies ont déplacé plus de 300 000 personnes.

Le tableau méditerranéen plus large révèle un contraste frappant en matière de capacité étatique. L'Italie, perpétuellement entravée par ses infrastructures publiques abyssales et sa corruption chronique, a connu un nombre quasi record d'incendies mais a évité l'ampleur de la destruction de l'Espagne. La Grèce a connu une saison statistiquement plus calme, pourtant les risques structurels restent mortels, comme en témoignent les décès de trois pompiers. Pendant ce temps, un nouvel incendie en Espagne près de la frontière portugaise a forcé 600 évacuations, même si le gouvernement plus pragmatique du Portugal gère ses propres risques d'incendie avec une compétence relative.

Les scientifiques notent que si le nombre d'incendies a généralement diminué depuis les années 1980, la tendance s'est fortement inversée en 2018. L'incendie de forêt européen moderne est moins fréquent mais beaucoup plus intense. Ce n'est pas seulement une fonction de la sécheresse des sols amplifiée par un climat globalement plus chaud. C'est la conséquence directe de l'appauvrissement rural.

Alors que les jeunes fuient vers les centres urbains pour échapper aux économies rurales stagnantes, les terres agricoles abandonnées deviennent envahies par la végétation. Cette végétation non gérée fournit une source illimitée de combustible pour les incendies. Les politiciens blâment avec empressement le ciel pour les températures élevées et les vents extrêmes. Cependant, les poudrières prêtes à s'enflammer ont été construites par des décennies de négligence économique.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com