La Grande Illusion du Renouveau Politique

Comment une croisade conservatrice de jeunes en Nouvelle-Galles du Sud a dégénéré en un scandale de fausses factures et de promoteurs immobiliers en fuite.

Le renouveau politique est un concept noble, souvent réduit en pratique aux sordides mécanismes du « branch stacking » (empilement de sections). La Commission indépendante contre la corruption de Nouvelle-Galles du Sud a ouvert ses audiences de l'Opération Rosny, offrant une magistrale leçon sur la façon dont les croisades idéologiques dégénèrent en scandales financiers banals. Au centre se trouve un groupe de jeunes militants conservateurs qui se sont autoproclamés les « Réformateurs ». Leur ambition était de recruter une petite armée de conservateurs chrétiens pour prendre le contrôle de l'appareil du parti Libéral de l'État.

Ces militants bénéficiaient du patronage de figures importantes du parti. Des poids lourds, notamment l'ancien premier ministre Tony Abbott et le diffuseur Alan Jones, ont été recrutés comme orateurs pour les campagnes de recrutement, conférant une autorité intellectuelle à l'entreprise. Ni Abbott ni Jones ne sont accusés d'actes répréhensibles. Les mécanismes réels reposaient sur des méthodes moins nobles. Le « branch stacking » en soi n'est pas corrompu selon les règles locales, mais le financer avec des dons d'entreprises interdits franchit un seuil légal.

L'architecture financière censée soutenir cette renaissance était remarquablement rudimentaire. Le lobbyiste Jeremy Greenwood et l'ancien collaborateur politique Christian Ellis ont créé des sociétés de conseil qui auraient servi de conduits pour des fonds illégaux. Catholic Schools NSW est devenu un client précoce. Dallas McInerney, le directeur général, aurait arrangé le paiement de honoraires substantiels pour des services que la commission soupçonne d'être fictifs. McInerney a depuis proposé de se retirer, publiant une déclaration publique indiquant son désir de protéger la mission de l'organisme éducatif.

Un autre apport financier est venu de Michael O’Hara, un donateur interdit. O’Hara a admis avoir payé pour des conseils en gestion de patrimoine stratégique inexistants. Sa motivation était d'injecter ses valeurs conservatrices dans un parti qu'il estimait compromis par des tendances progressistes, citant spécifiquement l'ancien premier ministre Dominic Perrottet.

L'idéologie a rapidement cédé la place à la politique transactionnelle. L'enquête examine un arrangement proposé de deux millions de dollars impliquant le promoteur immobilier en fuite Jean Nassif. Des militants, y compris un autre des frères de l'ancien premier ministre, Charles Perrottet, auraient anticipé un gain énorme en échange de faveurs politiques. Celles-ci incluaient la destitution d'un commissaire au bâtiment et l'abolition du siège électoral d'un politicien rival. Nassif, actuellement au Liban, a été enregistré se vantant d'avoir forcé le redécoupage des circonscriptions électorales.

Des communications interceptées révèlent que Greenwood a rappelé à Jean-Claude Perrottet les fonds scolaires illicites qu'il était censé fournir. Lorsque Perrottet a mis en garde contre l'écriture de telles admissions, Greenwood a répondu avec confiance que les messages s'effaceraient automatiquement. Ce ne fut pas le cas.

Face à l'examen minutieux, les réformateurs se sont dispersés. Jean-Claude Perrottet a effectué un voyage financièrement assisté aux Fidji, Charles Perrottet est resté en Victoria pour esquiver les huissiers, et Ellis s'est réinstallé au Royaume-Uni, citant des fuseaux horaires peu pratiques comme raison de son incapacité à témoigner. L'enquête examinera également les allégations de chantage impliquant des conseillers travaillistes à Strathfield, prouvant que l'appétit pour la malversation municipale reste totalement bipartite.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com