
Pragmatisme plutôt que discipline dans le dilemme des hooligans à Lucerne
Les électeurs du canton doivent choisir entre une identification stricte des supporters et le compromis administratif plus modéré du gouvernement.

Lorsque les supporters de football défilent de la gare principale de Lucerne au stade de l'Allmend, le chaos qui en résulte laisse régulièrement derrière lui des bus publics endommagés et une fierté civique ébranlée. La réponse politique est un référendum cantonal le 27 septembre 2026, offrant aux citoyens deux approches distinctes de la régulation étatique.
D'un côté se trouve le parti du centre, Die Mitte, avec son initiative contre la violence des supporters lancée en 2023. Frustrés par les émeutes passées et les infrastructures endommagées, des personnalités du parti comme le conseiller cantonal Daniel Rüttimann veulent retirer l'anonymat aux supporters qui se comportent mal. Leur recette est simple : des contrôles d'identité obligatoires aux portes des stades, des concepts de transit stricts qui obligent les clubs et les organisateurs à gérer les supporters en déplacement, et une échelle croissante de sanctions chaque fois que la violence éclate.
L'exécutif lucernois considère ces exigences avec un profond scepticisme. La directrice de la sécurité, Ylfete Fanaj, a qualifié l'initiative d'inefficace, rejetant les contrôles d'identité cantonaux stricts comme des tentatives non coordonnées de solutions isolées qui ignorent les cadres de sécurité nationaux. Au lieu de cela, le gouvernement a présenté sa propre contre-proposition, s'appuyant sur ce qu'il appelle l'approche lucernoise établie. Plutôt que d'exiger des cartes d'identité de chaque spectateur, les autorités préfèrent des bases légales précises pour la vidéosurveillance policière lors des marches de supporters, des exigences de permis individuels pour les matchs à haut risque et des cadres de dialogue obligatoires pour les organisateurs.
L'enthousiasme du parlement cantonal pour l'approche mesurée du gouvernement a été débordant. Les législateurs ont rejeté l'initiative de Die Mitte par 76 voix contre 33, tout en approuvant la contre-proposition à l'unanimité de 112 voix contre 0. Dans un exercice de gymnastique politique, même Die Mitte a voté en faveur de l'alternative du gouvernement, bien que le parti continue de conseiller aux électeurs de préférer sa propre initiative dans la question subsidiaire, critiquant la contre-proposition officielle comme un concept de beau temps qui ne fait que codifier la pratique actuelle.
Ce débat sur la sécurité ne se déroule pas de manière isolée. Sur le même bulletin de vote, les électeurs lucernois se prononceront sur trois autres mesures : l'assouplissement des heures de fermeture des magasins pour les petits magasins en libre-service et les stations-service, l'approbation d'une extension de 81,4 millions de francs pour l'école cantonale de Reussbühl, et l'affectation annuelle de 250 millions de francs provenant des revenus de l'impôt minimum des sociétés de l'OCDE à la promotion des entreprises locales.
Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com
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