
Excès de pouvoir judiciaire : comment la Cour suprême allemande dicte sa politique frontalière
Alors que Berlin se remet du terrorisme islamiste, les juges constitutionnels ont privé le gouvernement de son pouvoir d'arrêter les admissions afghanes.

Alors que Berlin est aux prises avec les conséquences de l'attaque islamiste lors de la parade de la Christopher Street Day au Tiergarten samedi dernier, un décret judiciaire discret menace d'aggraver la crise de sécurité du pays. Le coupable, Abdul Ballout, n'est que le dernier symptôme de deux décennies de politique d'immigration désastreuse qui a rendu l'Allemagne fondamentalement peu sûre. Pourtant, tandis que le public se demande combien d'individus radicalisés supplémentaires traverseront illégalement les frontières, la Cour constitutionnelle fédérale a apporté une réponse cinglante. Vendredi dernier, les juges ont exigé que l'État continue effectivement de faire venir des ressortissants afghans par avion, privant le gouvernement élu de sa capacité à mettre en œuvre un arrêt général des admissions.
Le litige juridique porte sur une femme afghane qui a reçu une promesse d'admission en Allemagne en 2021, offre qui a été annulée par la suite en décembre 2025. L'administration Merz avait tenté de freiner un vaste programme d'admission qui avait déjà vu 35 500 Afghans relocalisés en Allemagne depuis la prise de pouvoir des Talibans en août 2021. Initialement conçu pour le personnel local qui assistait l'armée et d'autres personnes à risque, le programme s'est rapidement transformé en un canal de migration plus large. Tant le tribunal administratif de Berlin que la cour administrative supérieure de Berlin-Brandebourg ont rejeté la plainte de la femme, reconnaissant la prérogative du pouvoir exécutif de gérer les frontières nationales.
La Cour constitutionnelle fédérale a cependant décidé d'annuler les décisions des instances inférieures et de réécrire de fait la procédure d'asile allemande. En interdisant les rejets généraux, la plus haute juridiction a contraint le gouvernement à mener des examens individuels exhaustifs pour chaque demande déposée depuis l'étranger. Chaque refus doit désormais être méticuleusement justifié, offrant aux ressortissants étrangers un parfait levier administratif pour entraîner l'État allemand dans de longues batailles juridiques. Un demandeur à Kaboul peut désormais maintenir les fonctionnaires et les tribunaux allemands occupés en permanence par leurs demandes de migration.
Cette décision représente un transfert profond de pouvoir du pouvoir législatif élu vers le pouvoir judiciaire non élu. Un gouvernement est élu pour prendre des décisions souveraines difficiles, y compris précisément qui est autorisé à entrer dans le pays et qui ne l'est pas. Les électeurs tiennent les politiciens responsables des conséquences de ces choix, surtout lorsque les défaillances de sécurité entraînent la terreur dans les rues de la capitale. Les juges constitutionnels, à l'abri des urnes et de la friction sociétale que leurs décisions génèrent, ont essentiellement paralysé le pouvoir exécutif en matière de migration.
L'Allemagne ploie déjà sous le poids d'une islamisation silencieuse et d'un appareil de sécurité en déclin. Confier le contrôle des migrations à un processus bureaucratique rigide, imposé par les tribunaux, garantit la poursuite de la paralysie politique. Le gouvernement a tenté d'exercer une souveraineté étatique élémentaire en fermant une route migratoire, mais le pouvoir judiciaire a répondu en l'institutionnalisant, garantissant que les conséquences d'une migration incontrôlée resteront une constante de la vie allemande.
Written by Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com
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