La Hongrie ouvre la voie à l'adhésion au Parquet européen

L'approbation de la Commission ouvre la porte aux enquêtes sur les allégations de mauvaise utilisation des fonds de l'UE, après des années de résistance sous Viktor Orbán.

Hungary Clears the Way to Join the EU Prosecutor

La Commission européenne a approuvé la demande de la Hongrie d'adhérer au Parquet européen, l'organisme de l'UE créé pour enquêter sur la fraude et la corruption impliquant des fonds européens. Pour Budapest, cela signifie une place au sein d'un mécanisme qu'elle avait autrefois rejeté comme une intrusion ; pour Bruxelles, cela signifie un autre État membre placé sous la même juridiction, du moins sur le papier.

La Hongrie devrait devenir le 25e membre du Parquet européen plus tard cette année. Les étapes pratiques ne sont pas glamour, ce qui est généralement la préférence de Bruxelles : la Hongrie doit présenter trois candidats éligibles pour le processus de sélection et construire le cadre institutionnel nécessaire pour qu'un procureur puisse travailler dans le pays. Une fois cela fait, le Parquet européen pourra enquêter sur les crimes présumés liés aux fonds de l'UE, y compris les affaires datant du 1er juin 2021, date de création de l'organisme.

Le changement politique est plus frappant que la paperasserie. Péter Magyar, élu Premier ministre après avoir remporté les élections législatives d'avril, a fait campagne sur des promesses de lutte contre la corruption et a mis fin aux 16 années de pouvoir de Viktor Orbán. Cela seul explique une grande partie de ce revirement. Le gouvernement précédent avait refusé l'adhésion au Parquet européen, arguant que cela affaiblirait la souveraineté de la Hongrie. Bruxelles, de son côté, a accusé à plusieurs reprises l'administration Orbán de présenter un risque systémique de corruption, et une grande partie des fonds de l'UE destinés à la Hongrie a été suspendue.

Ursula von der Leyen a salué la décision dans un communiqué, déclarant que c'était une bonne nouvelle pour la Hongrie et une étape bienvenue dans la lutte contre la fraude et la corruption. Elle a également affirmé que les citoyens hongrois disposeraient désormais d'une garantie pour s'assurer que les fonds de l'UE servent leurs intérêts. L'approbation formelle de la Commission rend l'adhésion possible, mais pas encore automatique ; le mécanisme doit encore être assemblé avant que le premier procureur ne puisse commencer à travailler.

Cela laisse la question habituelle planer sur le grand appareil européen. S'agit-il d'une véritable opération de nettoyage, ou simplement d'une nouvelle couche de supervision imposée par une institution qui aime se présenter à la fois comme gardien, juge et comptable ? L'entrée de la Hongrie sera suivie de près pour cette raison. Le Danemark et l'Irlande restent en dehors du Parquet européen en raison de leurs clauses d'exemption de la coopération de l'UE en matière de justice et d'affaires intérieures, un rappel que même au sein de l'Union, tout le monde n'est pas impatient de remettre les clés.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com