
Factions poreuses et frontières floues : le démantèlement de la droite libérale de Nouvelle-Galles du Sud
Le témoignage de Damien Tudehope devant l'organisme de surveillance de la corruption révèle les mécanismes complexes du regroupement de branches conservatrices et la confidentialité sélective des rapports parlementaires.

La confidentialité en politique opère souvent sur une échelle variable. Pour Damien Tudehope, le procureur général fantôme de Nouvelle-Galles du Sud, cette échelle a apparemment penché en faveur d'un groupe de jeunes activistes conservateurs connus sous le nom de Reformers. Comparaissant devant l'Opération Rosny de la Commission indépendante contre la corruption, Tudehope a admis avoir transmis un rapport provisoire confidentiel d'une enquête parlementaire de 2023 au membre des Reformers, Jeremy Greenwood. Bien que Tudehope ait invoqué une défaillance de mémoire concernant la manière dont il a obtenu le document en février 2023, une trace d'e-mail a confirmé la transmission.
L'Opération Rosny examine des allégations selon lesquelles les Reformers auraient accepté des dons illégaux pour alimenter le regroupement de branches. Recruter des membres pour consolider le pouvoir factionnel est une pratique politique courante, mais les mécanismes financiers qui la sous-tendent attirent souvent l'attention des régulateurs. Tudehope a temporairement démissionné de ses fonctions au cabinet fantôme, bien qu'il ne soit pas formellement accusé de faute par l'organisme de surveillance.
L'enquête a mis en lumière les absences particulières de figures clés des Reformers, notamment Jean-Claude Perrottet, frère de l'ancien premier ministre, et Christian Ellis. Jean-Claude, que Tudehope a loué pour ses talents de recruteur, a travaillé dans les bureaux de Tudehope entre 2018 et 2019. Interrogé sur l'évasion du jeune Perrottet de l'enquête, Tudehope a rappelé une conversation informelle avec Dominic Perrottet, qui a suggéré que son frère pourrait être aux Fidji.
La logistique financière de cette croisade factionnelle est tout aussi alambiquée. L'homme d'affaires Frits Maré a témoigné d'une sollicitation en 2020 où Jean-Claude et Ellis ont demandé une contribution de 50 000 $ pour déloger le député fédéral de la Coalition, Alex Hawke. La gestion du personnel de Tudehope a également été examinée. Ellis a été renvoyé du bureau ministériel de Tudehope en juillet 2019 suite à des rapports médiatiques selon lesquels des membres du personnel menaient des recrutements factionnels pendant les heures de travail payées par le contribuable. Tudehope a également reconnu avoir potentiellement financé directement les Reformers, citant des messages indiquant qu'il avait payé des lieux d'événements.
La toile s'étend au cercle immédiat de Tudehope. Son fils, James, aurait exprimé son inquiétude concernant des factures de la société de lobbying d'Ellis adressées à son employeur, Catholic Schools NSW. Tudehope a défendu l'introduction de son ancien partenaire commercial, l'hôtelier Michael O’Hara, auprès des Reformers. En tant que figure du secteur des jeux de hasard, O’Hara est légalement empêché de faire des dons politiques. Tudehope a soutenu que le soutien financier à une faction non enregistrée ne correspond pas à la définition statutaire d'un don politique, niant farouchement qu'il exposerait un ami âgé à des risques juridiques.
Malgré le flot constant de révélations embarrassantes concernant les manœuvres factionnelles, l'establishment politique semble imperturbable. La dirigeante libérale de la Nouvelle-Galles du Sud, Kellie Sloane, a publiquement évoqué un éventuel retour de Tudehope au premier rang. Dans les rouages de la politique partisane, une fuite stratégique et le recours à des tecnicalités sont souvent considérés moins comme des défauts fatals que comme des risques professionnels routiniers.
Écrit par Sandy van Dongen
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