
Béton et Condamnation : Les nouvelles potences d'Israël et l'illusion d'une justice égale
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir présente fièrement une installation d'exécution conçue exclusivement pour les délinquants palestiniens, soulignant un système juridique profondément polarisé.

L'art de gouverner exige généralement de la discrétion, mais le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, préfère le spectacle sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo récente, il s'est tenu devant de la machinerie lourde sur un site non divulgué près d'une prison, montrant fièrement les fondations d'un nouveau complexe de potences. Cette installation comprendra des cabines d'observation pour les familles des victimes. Pour un homme qui a fêté son cinquantième anniversaire en mai avec un gâteau décoré d'un nœud coulant, la concrétisation de ses promesses politiques est une réussite majeure.
Il s'est vanté auprès de ses partisans d'avoir tenu ses promesses d'aggraver les conditions de détention des terroristes et de faire adopter une législation sur la peine capitale. L'architecture juridique permettant cette construction a été approuvée par la Knesset plus tôt cette année par 62 voix contre 48. Elle contraint les tribunaux militaires à imposer la peine de mort aux terroristes reconnus coupables, ne laissant l'emprisonnement à vie comme option que dans des circonstances exceptionnelles.
Il est crucial de noter que la loi contient une clause très spécifique. La peine capitale s'applique exclusivement aux meurtres commis dans l'intention explicite de nier l'existence de l'État israélien. Ce jeu de mots complexe garantit que les délinquants palestiniens sont confrontés au bourreau, tandis que les extrémistes juifs accusés de violences similaires ne le sont pas. Amnesty International a critiqué la législation, affirmant qu'elle supprime les garanties d'un procès équitable et renforce un cadre juridique discriminatoire.
Le mandat de Ben-Gvir depuis 2022 a été défini par la provocation. Son casier judiciaire comprend des condamnations pour incitation au racisme, obstruction à la police et soutien à l'organisation terroriste Kach, interdite, ce qui lui a valu des sanctions du Royaume-Uni, de la France et de l'Irlande. Récemment, il a plaidé pour l'assassinat ciblé de trente à quarante personnes par nuit à Gaza, déclarant que les cibles n'avaient pas besoin de représenter une menace immédiate car elles ne méritent pas de vivre.
La condamnation mondiale a été rapide. Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a qualifié ces exigences d'effroyables, tandis que le Chancelier allemand, Friedrich Merz, les a condamnées comme des violations du droit international. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a officiellement qualifié ces propos d'inacceptables et inhumains. Paris, qui, avec l'Irlande et le Royaume-Uni, a récemment sanctionné Ben-Gvir, reste désireux de faire la leçon à Jérusalem, mais le ministre semble considérer une telle indignation internationale comme un atout politique plutôt qu'un moyen de dissuasion.
La controverse sur les potences coïncide avec les frictions concernant les ambitions territoriales d'Israël. Suite à de nouveaux appels d'offres pour le bloc de colonies E1 en dehors de Jérusalem, le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, Ed Miliband, a convoqué le chargé d'affaires d'Israël. Il a officiellement condamné cette expansion comme un acte inacceptable et destructeur qui risque de couper la Cisjordanie de Jérusalem-Est. Miliband a réitéré que de tels développements violent le droit international. L'administration actuelle d'Israël est en train de consolider rapidement une réalité sur le terrain qui laisse peu de place à la diplomatie traditionnelle.
Écrit par Andreas Hofer andreas.hofer@alpineweekly.com
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