Chèques en blanc pour le ciel : le Parlement suisse pardonne le fiasco des prix du F-35

Malgré les révélations selon lesquelles les garanties de prix fixes étaient de la pure fantaisie, le Conseil national a approuvé 3,4 milliards de francs pour les acquisitions militaires.

Blank Checks for the Sky: Swiss Parliament Forgives F-35 Price Fiasco

Lorsque le moment est venu de payer la facture de la défense nationale, les parlementaires suisses affichent une volonté réconfortante, quoique légèrement naïve, de pardonner les fictions comptables. Le Conseil national a approuvé un programme militaire de 3,4 milliards de francs suisses, accordant au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports un vote de confiance retentissant malgré une enquête parlementaire accablante.

Au centre du débat, un crédit supplémentaire de 394 millions de francs pour l'acquisition d'avions de combat F-35. Quelques jours auparavant, un rapport de la commission de contrôle parlementaire avait révélé que le discours officiel, maintes fois vendu au public — selon lequel les jets étaient achetés dans le cadre d'un contrat à prix fixe strict — était entièrement faux. Les politiciens de gauche ont justement qualifié la situation de fiasco du prix fixe qui a sapé la confiance institutionnelle. Les législateurs bourgeois, cependant, ont balayé la révélation, insistant sur le fait que l'acquisition restait sans alternative.

Au-delà des jets, le paquet approuvé comprend 2,4 milliards de francs pour les armements militaires et 562 millions de francs pour des projets immobiliers. Le Conseil n'a tracé la ligne qu'à une proposition supplémentaire de 500 millions de francs, défendue par l'UDC et le PLR, pour des munitions de défense aérienne à moyenne et longue portée. Le centre-gauche a bloqué l'initiative, soulignant qu'aucun mécanisme de financement clair n'existait pour les munitions supplémentaires, malgré les avertissements des conservateurs selon lesquels la demande mondiale croissante rendait tout retard coûteux.

Le ministre de la Défense, Martin Pfister, a défendu son département en appelant à l'objectivité, se plaignant que les vives critiques de la commission pesaient lourdement sur son personnel et érodaient la confiance du public. Il a promis une réponse officielle rapide du Conseil fédéral plutôt que d'attendre décembre, saluant le rapport comme une base constructive pour une réforme interne.

L'indulgence du Conseil semble n'être qu'un début. Le budget fédéral affichant des perspectives meilleures que prévu, le Conseil fédéral a l'intention de demander un milliard de francs supplémentaires lors de la session d'hiver pour garantir les acomptes des futures commandes. À Berne, l'optimisme fiscal mal placé et les faux pas bureaucratiques semblent être récompensés par des comptes bancaires toujours plus garnis.

Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com