Rhétorique apocalyptique et diplomatie officieuse : le jeu d'ombres des relations américano-iraniennes

Alors que les dirigeants échangent des menaces d'assassinat et de destruction totale, des médiateurs à Oman tentent discrètement de sécuriser les voies de navigation mondiales.

Apocalyptic Rhetoric and Back-Channel Diplomacy: The Shadow Play of US-Iranian Relations

Dans le domaine théâtral des relations américano-iraniennes, la rhétorique apocalyptique ne fait que rarement obstacle à une diplomatie officieuse pragmatique. Peu après l'enterrement de son père à Mashhad, le nouveau Guide suprême de l'Iran, l'Ayatollah Mojtaba Khamenei, a exigé une vengeance inévitable. La réponse de Washington a été, comme on pouvait s'y attendre, absolue, le président américain Donald Trump menaçant d'une destruction totale. Pourtant, au milieu des promesses mutuelles d'anéantissement, des médiateurs à Oman tentent discrètement de sauver un cessez-le-feu brisé et de sécuriser les voies de navigation internationales.

Le jeune Khamenei est resté entièrement hors de la vue du public depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran fin février. Des rumeurs persistent selon lesquelles il aurait subi de graves défigurations lors de la même frappe aérienne qui a éliminé son prédécesseur de 86 ans, l'Ayatollah Ali Khamenei. Opérant dans l'ombre, Mojtaba s'est appuyé sur la télévision d'État pour diffuser une déclaration écrite samedi. Il a exigé vengeance pour l'ancien dirigeant, insistant sur le fait que les représailles sont un mandat national qui aura inévitablement lieu, quelle que soit sa propre survie ou la présence d'autres responsables.

Les funérailles à Mashhad ont été marquées par des appels ouverts à l'assassinat du président américain. Des rapports du Wall Street Journal suggéraient que les services de renseignement israéliens avaient découvert un complot iranien spécifique visant Trump. Le président a rejeté l'idée d'un nouveau stratagème, notant avec désinvolture au New York Post qu'il figurait en tête de la liste noire de Téhéran depuis des années. Néanmoins, il a émis un avertissement officiel sévère tôt samedi, déclarant que les États-Unis décimeraient et détruiraient complètement toutes les régions de l'Iran si une telle attaque se matérialisait.

Cet échange de menaces fait suite à un rapide délitement du bref cessez-le-feu de juin, précipité par des attaques contre trois pétroliers commerciaux. Des responsables iraniens auraient informé leurs homologues américains que les frappes maritimes étaient une erreur exécutée par une faction interne dissidente. Washington a réagi en frappant environ 90 cibles sur le territoire iranien. Selon le ministère de la Santé iranien, le bombardement américain a fait 17 morts et 115 blessés. Téhéran a ensuite lancé des frappes de représailles contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ce qui a incité Trump à déclarer formellement le cessez-le-feu caduc.

Malgré les échanges militaires, les canaux diplomatiques restent obstinément ouverts. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est actuellement en Oman, s'entretenant avec des médiateurs. Les demandes américaines transmises par ces canaux sont fondées sur la réalité économique plutôt que sur la guerre idéologique. Washington insiste sur le fait que Téhéran doit garantir publiquement le passage sûr des navires commerciaux par le détroit d'Ormuz et cesser de tirer sur le trafic maritime. Alors que les dirigeants diffusent des promesses de vengeance pour la consommation intérieure, les négociations réelles se concentrent sur le flux ininterrompu du commerce mondial.

Écrit par Martina Kirchner

martina.kirchner@alpineweekly.com