Une rancune à un milliard de dollars retarde le transfert au ministère de la Justice

Les Républicains du Sénat bloquent la confirmation de Todd Blanche au poste de procureur général en raison d'un règlement fiscal juridiquement douteux et de rancœurs persistantes liées aux élections primaires.

A Billion-Dollar Grudge Delays the Justice Department Handover

Confirmer un candidat au cabinet nécessite généralement une danse prévisible de posture partisane, mais le choix de Donald Trump pour le poste de procureur général a buté sur un obstacle particulièrement coûteux. La commission judiciaire du Sénat a brusquement reporté son vote sur Todd Blanche, qui gère actuellement le ministère de la Justice à titre intérimaire. L'hésitation ne provient pas de querelles idéologiques, mais d'un règlement financier juridiquement douteux impliquant l'Internal Revenue Service.

Au cœur du litige se trouve une proposition abandonnée visant à créer un fonds de compensation de 1,8 milliard de dollars pour les individus alléguant une persécution politique par le gouvernement fédéral. Ce fonds anti-militarisation est né d'un procès concernant la fuite des dossiers fiscaux du président. L'accord protégeait également explicitement la famille du président contre de futures enquêtes fiscales. Les législateurs se sont opposés à cet arrangement, le considérant comme un mécanisme de distribution de l'argent des contribuables à des loyalistes.

Bien qu'un juge fédéral ait annulé le règlement comme étant illégal, les répercussions continuent de bloquer la voie de Blanche. Les sénateurs républicains sortants John Cornyn et Thom Tillis refusent de faire avancer la nomination sans assurances écrites que le programme de compensation restera enterré. La commission exigeant l'unanimité de ses membres républicains pour procéder à un vote en séance plénière, l'opposition paralyse la confirmation. Un porte-parole de la commission a confirmé le report, notant officiellement que le travail se poursuit pour obtenir un soutien suffisant pour le candidat.

L'impasse est teintée d'une nette vendetta personnelle. Le président a publiquement suggéré que Cornyn retarde les procédures par ressentiment suite à une récente élection primaire. Plus tôt dans l'année, la Maison Blanche a soutenu de manière inattendue le procureur général du Texas, Ken Paxton, qui a ensuite évincé Cornyn, titulaire depuis vingt ans, lors de la primaire républicaine. Les sondages avaient suggéré que Cornyn était bien placé pour battre son adversaire démocrate en novembre, rendant la défaite en primaire particulièrement amère.

Avant de devenir procureur général par intérim, Blanche a été l'avocat pénaliste personnel du président – une transition suscitant un examen minutieux de son indépendance institutionnelle. Bien qu'il affirme diriger le ministère de la Justice sans ingérence exécutive, son mandat a déjà été marqué par des enquêtes visant des adversaires politiques. Les législateurs l'ont également interrogé sur la gestion par le ministère des dossiers de l'enquête Jeffrey Epstein, que le Congrès a contraints à être rendus publics plus tôt cette année.

Le ministère de la Justice fait actuellement face à une attente inconfortable. Cornyn accuse le ministère d'entraver les demandes de documentation concernant le règlement de l'IRS, insistant sur le fait que la responsabilité de résoudre l'impasse incombe entièrement à Blanche. Ce blocage procédural met en évidence la friction persistante entre l'approche transactionnelle de la gouvernance par le pouvoir exécutif et les vestiges institutionnels de l'establishment républicain traditionnel.

Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com