
L'addition salée de l'Alliance
Après s'être vu refuser son soutien dans sa campagne en Iran, l'administration Trump remet en question la valeur de ses partenariats transatlantiques.

Il y a un vieux dicton sur les amis des beaux jours. Pendant des décennies, les nations européennes se sont reposées confortablement sous un parapluie de sécurité américain, une entreprise coûteuse financée par Washington. Lorsque l'addition de cette amitié est finalement arrivée, sous la modeste forme d'une demande d'accès militaire pour la campagne américaine en Iran, plusieurs alliés ont soudainement découvert que leurs portefeuilles étaient ailleurs.
Selon Andrew Pudzer, l'ambassadeur américain auprès de l'UE, la déception du président Trump face à cette réticence n'a pas diminué. La réaction de l'Europe fut une mosaïque révélatrice d'indécision et de défi. L'Espagne et l'Italie ont catégoriquement refusé l'accès aux forces américaines. Le Royaume-Uni, sous la direction de Keir Starmer, a initialement refusé l'utilisation de ses bases à Chypre avant de céder pour ce qu'il a appelé un «objectif défensif spécifique et limité». L'Allemagne, tout en ne restreignant pas l'accès aux bases américaines sur son sol, s'est livrée à un commentaire continu contre les objectifs de la guerre. Le ministre de la Défense Boris Pistorius a parfaitement saisi le sentiment à Berlin : «ce n'est pas notre guerre ; nous ne l'avons pas commencée.»
L'administration américaine considère cela comme une trahison fondamentale. L'ambassadeur Pudzer a articulé sans ambages la perspective de la Maison Blanche, notant qu'après des décennies de financement de bases et de sauvetage de nations européennes lors de conflits passés, le refus d'accorder quelque chose d'aussi élémentaire que les droits de survol est incompréhensible. La question que Washington se pose maintenant, selon l'ambassadeur, est simple : si les alliés ne sont pas disposés à offrir un soutien aussi minime, que sont-ils prêts à faire ?
Les conséquences de cette vacillation européenne se matérialisent déjà. Washington a commencé à réduire les capacités militaires américaines disponibles pour l'OTAN sur le continent et a annoncé des réductions de troupes. Le président Trump n'a pas mâché ses mots, qualifiant publiquement ses alliés de «lâches» sur les réseaux sociaux et jurant de se «souvenir» de leur manque de soutien. Les retombées ont empoisonné le discours diplomatique, notamment avec l'Allemagne.
Après que le chancelier allemand Frederic Merz a critiqué les objectifs de guerre «mal conçus» de Washington et affirmé que les négociateurs américains étaient «humiliés» par Téhéran, la réponse de Trump a été rapide et cinglante. Il a suggéré sur les réseaux sociaux que le chancelier devrait se concentrer sur la guerre en Ukraine, «Où il a été totalement inefficace !», et sur «la réparation de son pays en ruine.» Ce n'est pas le langage de partenaires, mais celui d'une relation proche de la rupture.
Une tentative tardive d'une coalition menée par le Royaume-Uni et la France pour assembler des forces navales afin de rouvrir le détroit d'Ormuz semble être un exercice de contrôle des dommages. C'est un effort pour réparer une fracture que les capitales européennes ont laissé s'envenimer. Lorsqu'on lui a demandé si la réponse initiale de l'Europe était une «grosse erreur pour une petite demande», l'accord de l'ambassadeur Pudzer a été succinct. La question est maintenant de savoir si une telle erreur peut être rectifiée, ou si l'alliance transatlantique a été définitivement modifiée.
Écrit par Thorben Thiede
Dernières nouvelles





