
Le premier robotaxi de Zurich est en service — mais seulement sur réservation, et uniquement avant 17h
Le pilote du Furttal s'apparente à une répétition minutieuse de la mobilité automatisée : trois voitures électriques, des arrêts fixes, une personne de sécurité à bord et un avenir encore en cours d'approbation ligne par ligne.

La Suisse a enfin produit son premier robotaxi réservable, bien que le pays ait fait ce qu'il fait habituellement face à la nouveauté : l'envelopper de règles, d'horaires et de supervision. Dans le Furttal, les passagers peuvent désormais commander un trajet autonome via l'application Iamo, mais le service est moins un bond vers l'avenir qu'un essai soigneusement encadré.
Trois voitures électriques sont actuellement en service, desservant environ 100 arrêts prédéfinis à Boppelsen, Dänikon, Hüttikon et Otelfingen. Les véhicules circulent tous les jours de 13h à 17h et peuvent accueillir jusqu'à trois passagers chacun. L'application est disponible sur l'Apple App Store et le Google Play Store ; après inscription, une réservation peut être effectuée. Le tarif est assez simple : un prix de base de 4,70 francs suisses, plus 0,38 franc par kilomètre.
Le projet est géré par Iamo en collaboration avec Swiss Transit Lab, les cantons de Zurich et d'Argovie, et les CFF. Le Furttal a été choisi car les organisateurs y voient un fort potentiel dans les zones rurales. Il y a également une ligne de S-Bahn, ce qui rend la région utile pour tester plusieurs aspects des transports publics simultanément. C'est une solution suisse soignée : l'innovation, mais seulement là où elle peut être observée, mesurée et poliment encadrée.
Le projet lui-même a débuté fin 2024. Les essais ont commencé plus tard, à l'été 2025, l'accent étant mis sur la création d'une carte précise de la région pilote. En novembre 2025, l'Office fédéral des routes a accordé l'approbation pour la conduite automatisée, après que les tests se soient déroulés sans encombre. La bureaucratie est peut-être lente, mais elle bénéficie au moins d'une épaisse trace écrite.
Pour l'instant, l'humain fait encore partie intégrante du système. Une personne de sécurité est assise sur le siège du conducteur, tandis que le siège passager avant reste vide pour des raisons de sécurité. Les voitures circulent dans le trafic régulier, et les passagers peuvent observer sur un écran comment le véhicule détecte les obstacles. Cela peut apaiser les nerfs, ou simplement rappeler à tous que la machine n'est pas encore jugée digne d'être laissée seule avec les objets de valeur.
L'essai n'a pas été entièrement exempt d'incidents. Récemment, une voiture roulant à 20 km/h n'a pas reconnu une plaque au sol appartenant à un panneau de signalisation de 30 km/h. Le véhicule a roulé dessus, endommageant les pneus et causant des dégâts matériels. L'Office fédéral des routes a déclaré que les autres voitures pouvaient continuer à fonctionner en toute sécurité.
Le projet est prévu pour durer jusqu'à cinq ans. Dans la prochaine phase, des minibus automatisés devraient rejoindre la flotte et, à terme, fonctionner sans personne de sécurité à bord, avec un personnel qualifié les surveillant à distance. Cela nécessiterait toujours une nouvelle approbation de l'Office fédéral des routes. D'ici là, le robotaxi reste ce que la Suisse préfère le plus : une expérience prometteuse, soigneusement supervisée et fermement maintenue dans sa voie.
Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com
Dernières nouvelles





