
Le piège tarifaire de Trump pour les médicaments génériques
Une période de grâce de deux ans est suivie d'un mur tarifaire brutal, alors que Washington tente de rapatrier la production de médicaments sur son territoire.

Donald Trump a décidé que la chaîne d'approvisionnement pharmaceutique, comme tant d'autres choses à ses yeux, devrait être réorganisée par la menace et les échéances. Les médicaments génériques importés entreront aux États-Unis en franchise de droits à partir du 1er août pendant deux ans, puis feront face à un tarif de 100% pendant un an et de 200% par la suite. Le message est clair : fabriquez en Amérique, ou payez le privilège de ne pas le faire.
Le président a déclaré que cette mesure visait à remodeler la production pharmaceutique générique aux États-Unis. Sur Truth Social, il l'a présentée comme un moyen de rapatrier la production et de punir les entreprises qui n'investissent pas dans les usines et les équipements dans le délai qu'il a maintenant fixé. C'est du Trump typique : une politique industrielle avec un marteau dans une main et un chronomètre dans l'autre.
Les chiffres sont importants car les génériques ne sont pas un marché de niche. Selon la Food and Drug Administration des États-Unis, plus de 90% des médicaments vendus aux États-Unis sont des génériques. Ainsi, bien que la politique semble technique, elle touche l'essentiel de l'approvisionnement en médicaments du pays. Pour les patients et les distributeurs, ce n'est pas une note de bas de page. C'est le point essentiel.
Trump a également fait pression sur les fabricants de médicaments par le biais de sa politique de prix de la nation la plus favorisée, qui vise à rapprocher les prix américains de ceux pratiqués dans d'autres pays à revenu élevé. Selon lui, des prix plus bas et une production nationale vont de pair. En pratique, le gouvernement tente de presser l'industrie des deux côtés à la fois : pression sur les prix d'un côté, pression tarifaire de l'autre. Le secteur pharmaceutique, naturellement, est censé applaudir l'efficacité de cette pression.
Cette politique ne s'applique pas aux médicaments brevetés, de marque ou innovants, qui, selon Trump, resteront inchangés. Cette distinction n'est pas anodine. La Maison Blanche cible la partie du marché à faible marge et à volume élevé, tout en laissant le segment des marques plus lucratives en dehors de cette salve particulière. L'année dernière, les plus grands fabricants de médicaments du monde avaient déjà signé des accords avec le gouvernement américain qui exemptaient des milliards de dollars de médicaments de droits de douane.
Trump avait déjà utilisé des tarifs douaniers sur les produits pharmaceutiques de marque dans un décret signé en avril, fixant une taxe de 100% à moins que les fabricants n'acceptent des accords de prix gouvernementaux ou ne s'engagent à fabriquer leurs produits sur le territoire national. La nouvelle annonce étend la même logique aux génériques, bien qu'avec un démarrage retardé et une fin plus dure. Washington, en d'autres termes, ne gère pas tant le commerce qu'elle ne tente de légiférer la loyauté industrielle.
La question évidente est de savoir si cela produira plus d'usines ou simplement plus de paperasse. L'administration parie que les producteurs étrangers agiront assez rapidement pour éviter le futur mur tarifaire. Les entreprises, quant à elles, calculeront si le marché américain vaut le coût de la conformité. C'est ainsi que la politique est censée fonctionner dans une économie de marché : des incitations claires, pas un théâtre permanent. Encore une fois, Washington n'a jamais hésité à présenter le théâtre comme une stratégie.
Écrit par Thorben Thiede thorben.thiede@alpineweekly.com
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