
Le Sommet de Bruxelles dicte sa loi à nouveau tandis que les marchés de l'énergie s'embrasent
À l'approche de l'hiver et alors que les prix de l'énergie grimpent en flèche, les dirigeants européens se réunissent pour débattre d'interventions sur le marché qui ignorent la réalité économique.

Lorsque les marchés de l'énergie serrent la vis aux ménages et aux entreprises européens, Bruxelles répond par son rituel préféré : un sommet de deux jours. Alors que les dirigeants nationaux se rassemblent dans la capitale belge, la classe politique tente une fois de plus de convaincre les électeurs que des réunions de comité peuvent dompter les réalités du marché international.
La réalité en dehors des salles de sommet est crue. Le pétrole brut continue de planer au-dessus de 100 dollars le baril, défiant même les libérations d'approvisionnement coordonnées par le G7. Les prix du gaz naturel ont atteint des sommets inégalés depuis l'hiver 2022, accompagnés de niveaux de stockage souterrains qui restent obstinément inférieurs aux moyennes saisonnières. Les hostilités en cours au Moyen-Orient ont éteint tout espoir d'un rapide répit externe.
Face à la panique croissante des citoyens nationaux à l'approche des mois froids, les politiciens sont désireux de démontrer leur activité. Naturellement, la tentation de recourir à l'intervention de l'État est irrésistible. Parmi les propositions qui circulent dans les couloirs du pouvoir figure le remède populiste habituel : une taxe sur les bénéfices exceptionnels conçue pour soutirer des revenus aux producteurs d'énergie. Pourtant, de tels instruments politiques lourds confondent régulièrement les symptômes et les causes, partant du principe que les chocs de prix mondiaux peuvent simplement être soumis par l'impôt.
Le défaut fondamental de l'appareil européen réside dans son obsession persistante pour les solutions centralisées. Les États membres opèrent dans des conditions économiques et des réalités énergétiques radicalement différentes. Une approche rigide et universelle ignore ces différences, garantissant que tout mandat uniforme concocté à Bruxelles ne parviendra pas à résoudre les vulnérabilités spécifiques des économies nationales individuelles.
Fidèle à elle-même, l'agenda du sommet ne s'arrête pas à l'énergie. Après avoir débattu des interventions sur les marchés, les dirigeants européens ont l'intention de passer sans transition au commerce avec la Chine, au budget supranational et à l'élargissement du bloc. C'est un exercice familier d'excès administratif, où les dilemmes structurels profonds sont intégrés dans une file d'attente interminable d'ambitions géopolitiques, tandis que les réalités économiques fondamentales restent non résolues.
Écrit par Thomas Nussbaumer
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