
Une petite ferme, un été sec et un appel à l'aide très moderne
Au Grienhof près de Reigoldswil, une famille d'agriculteurs laitiers essaie de gagner du temps, du foin et peut-être un peu de clémence avant que l'hiver ne transforme la sécheresse en abattage.

Au Grienhof au-dessus de Reigoldswil, le problème de l'été est déjà devenu un problème d'hiver. Philipp et Sandra Rosset ont lancé un financement participatif pour collecter 3 500 francs pour du foin d'urgence, espérant ainsi maintenir leurs 30 vaches laitières en vie et éviter l'abattage des animaux plus tard. Dans un pays attaché à la précision, le calcul est ici d'une simplicité presque choquante : pas d'herbe, pas de nourriture ; pas de nourriture, pas de lait ; pas de lait, pas d'activité.
La sécheresse a rendu cette équation plus difficile de semaine en semaine. Depuis début juin, il n'a pratiquement pas plu sur l'Arc jurassien, et le paysage ressemble déjà plus à octobre qu'à juillet. Les sols calcaires de la région retiennent mal l'eau, ce qui aggrave la situation pour les exploitations agricoles, selon Sandra Helfenstein de l'Union Suisse des Paysans. La nature, une fois de plus, n'a pas coopéré avec les tableurs.
Le foin se raréfie, et la rareté fait ce qu'elle fait toujours : elle fait monter les prix et laisse tout le monde faire semblant d'être surpris. Marc Brodbeck, président de l'Association des Paysans de Bâle-Campagne, affirme que du foin arrive encore sur le marché en provenance d'exploitations sans bétail, mais à un prix plus élevé que l'année dernière. Les Rosset puisent déjà dans des réserves censées durer tout l'hiver, ce qui est la version agricole de dépenser le salaire du mois prochain en juillet.
Il n'y a pas non plus de solution de secours facile à l'étranger. L'Union Suisse des Paysans indique que la situation dans les pays voisins est également tendue, et que le foin est principalement importé d'Allemagne et de France, car les coûts de transport excluent la plupart des autres options. L'union a demandé au gouvernement fédéral de suspendre temporairement les droits de douane sur les fourrages grossiers. La Suisse a déjà connu des improvisations d'urgence : en 2003, année de grande chaleur, l'armée avait transporté du foin entre les régions afin que les agriculteurs touchés n'aient pas à supporter seuls le coût supplémentaire.
Pour les Rosset, il ne s'agit pas d'un séminaire politique mais d'un problème de gestion quotidienne. Leurs vaches restent à l'étable car les pâturages ne produisent plus suffisamment de fourrage. Le financement participatif est destiné à combler une partie du manque et, si possible, à éviter l'abattage automnal des animaux élevés à la ferme. Cela signifierait moins de revenus plus tard, et l'approvisionnement hivernal complet coûte encore environ 30 000 francs. Quelques milliers de francs de dons ne résoudront pas l'ensemble du problème. Cela pourrait cependant empêcher la ferme de prendre une décision qu'aucun agriculteur ne souhaite prendre.
La réponse a été encourageante jusqu'à présent. Environ la moitié de l'objectif avait déjà été atteinte en peu de temps, y compris des dons de parfaits inconnus. Sandra Rosset s'est dite très positivement surprise. Helfenstein pense que de tels appels locaux peuvent fonctionner parce que les donateurs savent exactement où va leur argent, et parce que les voisins peuvent être plus enclins à aider qu'une institution lointaine avec une brochure polie et sans boue sur ses bottes.
Il reste incertain si le temps coopérera maintenant. Août montrera quelle quantité d'herbe peut encore pousser pour une autre coupe de foin, ce qui assure normalement une part importante de l'approvisionnement hivernal. Brodbeck affirme qu'un véritable soulagement nécessiterait une pluie généralisée pendant au moins trois ou quatre jours. Le sol est maintenant dur comme la roche, dit-il, et les semis apporteraient peu de bénéfice. Si la pluie ne vient pas, la campagne se rappellera une fois de plus que la résilience est admirable, mais que les aliments pour animaux doivent être achetés, stockés et payés.
Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com
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