Une randonnée de 3 494 kilomètres à travers la bureaucratie et les sommets de l'Europe

Le Wolf Trail de Jack Wolfskin relie la Baltique à l'Adriatique, mais le véritable exploit est peut-être de faire passer un continent de règles pour un itinéraire d'aventure.

A 3,494-kilometre hike through Europe’s paperwork and peaks

L'Europe a ajouté un autre grand projet à sa collection, bien que celui-ci ne s'accompagne pas de coupures de ruban ou de discours solennels sur l'intégration. Le Wolf Trail est un sentier de randonnée de longue distance de 3 494 kilomètres, allant de Hel sur la côte baltique polonaise à Trieste sur l'Adriatique, traversant l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche et la Slovénie. C'est le genre de parcours qui fait passer un week-end en ville pour une promenade presque étrangement facile.

L'ampleur est le point essentiel. Le sentier est divisé en sept étapes continues et comprend un gain d'altitude de 78 400 mètres, ce qui est à peu près aussi proche que la marche peut l'être d'une longue lutte contre la gravité. Jack Wolfskin indique que le parcours devrait prendre quatre à six mois à parcourir, selon le rythme, la météo et la dose de souffrance que l'on considère comme formatrice.

Le tronçon initial est presque séduisant par sa platitude : 428 kilomètres le long de la côte baltique polonaise, de Hel à Świnoujście. Ensuite, l'itinéraire s'éloigne de la côte et devient beaucoup moins clément, s'étendant sur 1 930 kilomètres à travers l'Allemagne et la Suisse, avec des villes historiques comme Rostock en chemin et des sentiers plus rudes se dirigeant vers la frontière autrichienne. Viennent ensuite 392 kilomètres à travers les Alpes d'Allgäu et jusqu'à Innsbruck, la cinquième plus grande ville d'Autriche. La dernière étape suit la Via Alpina à travers les Dolomites italiennes et le parc national de Triglav en Slovénie avant de se terminer à Trieste, où l'Adriatique offre une fin triomphale.

Il y a, cependant, un aspect pratique à tout ce grand paysage. Lauren Roerick, spécialiste canadienne de la randonnée en autonomie sur de longues distances, a vérifié le sentier et a affirmé qu'il était sûr et que les randonneurs ne devraient pas s'y perdre. Cette assurance est importante car l'idée derrière le Wolf Trail n'est pas de romantiser la difficulté pour elle-même, mais de rendre la randonnée transfrontalière réalisable. Jack Wolfskin, qui a conçu l'itinéraire, encourage ce style de marche depuis un certain temps : un voyage continu où les randonneurs trouvent ce dont ils ont besoin dans chaque ville traversée.

La réalité légale du camping en Europe complique naturellement le rêve. Les lois sur le camping sont notoirement strictes, et en Allemagne en particulier, planter une tente peut entraîner une lourde amende. La solution, dans ce cas, a été de relier des chemins historiques en un seul sentier exceptionnellement long qui relie des camps de trekking pré-approuvés, des refuges de montagne et des hébergements de village, avec quelques arrêts plus confortables. L'Europe aime la mobilité, à condition qu'elle s'accompagne des autorisations appropriées.

La saison compte aussi. Entre octobre et mars, les blizzards alpins peuvent devenir un obstacle sérieux, donc planifier le moment de la randonnée n'est pas un détail mineur, mais fait partie du défi. Le Wolf Trail est destiné aux randonneurs disposant de temps, d'endurance et d'une tolérance à l'inconfort que la plupart des brochures de vacances ignorent poliment.

Pour tous les autres, l'attrait est plus simple. C'est une occasion rare de traverser six pays européens à pied, de la Baltique à l'Adriatique, à travers des forêts, des villes historiques et des terrains montagneux. C'est un long chemin à parcourir pour prendre un verre à Trieste, mais c'est là tout l'intérêt.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com