
La cure de sensibilisation de Lausanne contre les fautes policières
Confrontées à des interventions fatales et à des groupes de discussion explicites, les autorités municipales ont recours à des ateliers sur la diversité et à un dialogue d'entreprise.
Par Freya Stensrud

Lorsqu'une institution publique en Suisse se trouve plongée dans une situation embarrassante et systémique, la solution prescrite est presque réconfortante par sa prévisibilité. On aura droit à un rapport d'expert, à une initiative stratégique à long terme nommée d'après une année lointaine, et surtout, à des séminaires obligatoires de sensibilisation. La police municipale de Lausanne a maintenant atteint ce stade précis de pénitence institutionnelle. Après des années de révélations sordides — allant d'échanges WhatsApp racistes et sexistes entre agents à des interventions policières fatales — les autorités municipales ont officiellement adopté le premier volet de la Réforme 2030.
Ce plan s'appuie fortement sur un rapport final produit par André Duvillard, ancien chef de la police neuchâteloise et ancien délégué au Réseau national de sécurité. Plutôt que de retirer des pouvoirs ou d'imposer des réformes disciplinaires drastiques, la stratégie de la ville penche vers un ajustement managérial. Dès novembre et décembre, les cadres de la police suivront des sessions de formation pilotes conçues pour prévenir la discrimination, gérer la diversité culturelle et désamorcer les tensions internes. Le programme a été élaboré en collaboration avec des organismes externes tels que l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme. D'ici 2028, chaque cadre de la force devrait avoir suivi ces ateliers.
La question de savoir si une série de séminaires peut purger efficacement des préjugés profondément enracinés des discussions de groupe chiffrées est une autre affaire. La police lausannoise a passé des années sous le feu des critiques. Le départ de l'ancien commandant Olivier Botteron, qui a annoncé sa démission en septembre 2025 et a discrètement pris sa retraite anticipée en juillet 2026 à l'âge de 59 ans, a marqué la fin d'une ère, mais a laissé les problèmes structurels irrésolus. Les retombées publiques ne concernaient pas seulement des plaisanteries numériques de mauvais goût ; elles impliquaient la mort de deux jeunes conducteurs de scooter fuyant les policiers et d'autres décès très médiatisés qui ont suscité de vives critiques concernant l'usage proportionnel de la force.
En réponse, le commandant de police par intérim Stéphane Volper a initié une série de huit sessions de dialogue avec les agents et la direction avant la fin de l'année, visant à rendre les problèmes émergents visibles précocement. Simultanément, les ressources humaines ont été réorganisées et intégrées plus profondément dans la direction de la police afin d'améliorer la supervision du personnel et de mieux encadrer les nouvelles recrues.
C'est une solution typiquement suisse : douce, ordonnée et profondément attachée à la conviction qu'une dégradation institutionnelle n'est qu'un déficit de formation attendant d'être géré. Repositionner les ressources humaines et externaliser l'instruction morale à des organisations civiques permet à l'exécutif local de projeter une activité tout en évitant les questions inconfortables sur la culture de commandement et la reddition de comptes. Huit réunions de personnel et un calendrier rempli d'ateliers sur la diversité pourront-ils réparer la confiance du public, ou ne serviront-ils que de voile managérial poli sur une culture policière inflexible, cela deviendra bientôt évident.
Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com
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