
La France lance une campagne nationale de sensibilisation à la fertilité pour les 29 ans
Le gouvernement délivrera des conseils via le système d'assurance maladie publique alors que la demande de congélation d'ovocytes augmente.

Le gouvernement français lance une campagne nationale ciblée de sensibilisation à la fertilité qui enverra une correspondance directe à tous les citoyens âgés de 29 ans à partir de la fin novembre. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé l'initiative mardi après avoir reçu un rapport d'étape du comité de suivi supervisant le plan national de lutte contre l'infertilité.
Dans le cadre des mesures mises en œuvre par l'agence d'assurance maladie publique Assurance Maladie, les hommes et les femmes qui fêteront leurs 29 ans recevront des conseils sur les soins préconceptionnels et la santé reproductive. La correspondance officielle conseille aux personnes envisageant la parentalité de consulter un médecin pour évaluer leur état de santé général, leurs habitudes de vie et les facteurs de risque potentiels avant la grossesse. Pour les couples rencontrant des difficultés à concevoir, le ministère recommande de consulter un spécialiste après 12 mois de tentatives infructueuses pour les femmes de moins de 35 ans, ou après six mois pour celles de 35 ans et plus.
Parallèlement à l'envoi direct, le gouvernement met en place un répertoire central d'informations intitulé "Ma fertilité" hébergé sur le portail médical public Santé.fr. La campagne comprend également des diffusions audio et du matériel promotionnel déployés dans les salles d'attente des médecins à l'échelle nationale pour mettre en évidence les facteurs non liés à l'âge qui affectent la fertilité, notamment le tabagisme, la consommation d'alcool, l'alimentation, le sommeil et l'activité physique.
Cette campagne de sensibilisation fait partie d'une stratégie nationale anti-infertilité en 16 points présentée par Stéphanie Rist en février, qui s'appuyait sur l'initiative du président Emmanuel Macron en 2024 appelant au réarmement démographique. Selon les chiffres fournis par le ministère de la Santé, entre 15 et 25 % des couples qui tentent de concevoir en France rencontrent des difficultés de reproduction, ce qui affecte plus de trois millions de citoyens.
Dans le cadre de cette stratégie, Stéphanie Rist a indiqué des plans d'extension du réseau de centres médicaux autorisés à pratiquer la congélation d'ovocytes sociaux pour des raisons non médicales. Selon la loi française, les femmes âgées de 29 à 37 ans sont autorisées à conserver leurs ovocytes pour une utilisation potentielle jusqu'à l'âge de 45 ans, tandis que les hommes âgés de 29 à 45 ans peuvent stocker leur sperme pour une utilisation jusqu'à l'âge de 59 ans. L'année dernière, plus de 20 000 femmes ont demandé une auto-conservation de gamètes, ce qui représente une augmentation de 30 % en 12 mois, tandis que les délais d'attente dans les établissements de santé régionaux varient actuellement de 14 à 24 mois.
Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com
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