
Quand les émeutiers déjouent le Code pénal
Le principal syndicat de la police allemande exige des peines de prison obligatoires et des expulsions rapides après les pillages violents du week-end à Francfort.

L'illusion d'un espace public ordonné en Allemagne a de nouveau été ébranlée. Ce qui était initialement annoncé comme un rassemblement pacifique sous la bannière « Gen Z regelt » s'est transformé en violence de rue et en pillages généralisés à Francfort-sur-le-Main, laissant plus d'une centaine de policiers blessés. Pour le Syndicat de la police allemande (DPolG), ces troubles sont une preuve supplémentaire d'un État qui peine à maintenir son autorité dans ses propres rues.
Dans une lettre formelle envoyée lundi à la ministre fédérale de la Justice Stefanie Hubig et au ministre fédéral de l'Intérieur Alexander Dobrindt, le président fédéral du DPolG, Heiko Teggatz, a exigé un durcissement rapide du droit pénal. Le week-end dernier nous a montré une fois de plus à quel point la spirale de violence dans les rues allemandes continue de tourner sans fin, a écrit Teggatz. Il a souligné que les rassemblements pacifiques prévus par les organisateurs avaient été subvertis par des agitateurs extrémistes et des émeutiers migrants.
Le syndicat de la police exige que la peine minimale pour atteinte particulièrement grave à l'ordre public soit portée à un an de prison, transformant ainsi l'infraction en crime. Selon l'article 125a du Code pénal allemand, l'atteinte grave à l'ordre public est actuellement passible d'une peine de prison de six mois à dix ans, même lorsque les délinquants pillent des commerces ou causent des dommages matériels importants. En revanche, le vol simple, en vertu de l'article 249, est passible d'une peine minimale d'un an. Teggatz a exhorté les ministres à corriger ce déséquilibre juridique dans le cadre de leur programme législatif actuel.
L'ampleur des dévastations à Francfort-sur-le-Main souligne l'urgence de l'initiative du syndicat. Selon les chiffres publiés par le ministre de l'Intérieur de Hesse, Roman Poseck, les émeutiers ont endommagé 17 magasins de détail et en ont pillé cinq. Plus de 100 policiers ont été blessés, un agent ayant subi de graves dommages.
Pour éviter les récidives, le DPolG réclame des conséquences procédurales plus strictes. Les suspects impliqués dans des émeutes et des pillages majeurs devraient rester en détention provisoire jusqu'à la conclusion de leur procès pénal. En outre, le syndicat insiste sur l'exécution sans compromis des ordres d'expulsion contraignants pour les délinquants étrangers. Comme l'a dit Teggatz, l'État constitutionnel doit montrer qu'il est capable de se défendre et d'appliquer ses règles de manière cohérente. Le syndicat attend des mesures législatives concrètes avant la fin de l'année.
Écrit par Christiane Hofreiter




