
Panique à l'Est : Schwesig blâme Berlin pour la montée de l'AfD
Face à un déficit de sept points avant les élections régionales, la Première ministre du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale se retourne contre sa propre coalition fédérale.

Lorsque les perspectives électorales s'assombrissent, les politiciens établis développent soudainement une oreille attentive aux doléances des citoyens ordinaires. Au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la ministre-présidente sociale-démocrate Manuela Schwesig se retrouve précisément dans une telle situation. À l'approche des élections régionales du 20 septembre, Schwesig s'est adressée aux pages de Der Spiegel pour livrer un verdict sévère sur la performance de son parti à Berlin, tout en ciblant ses principaux rivaux politiques.
La logique derrière son intervention publique est simple. Un récent sondage INSA commandé par le Nordkurier place l'AfD confortablement en tête avec 36 %, tandis que le SPD de Schwesig accuse un retard à 29 %. Die Linke et la CDU sont encore plus loin derrière, à 11 et 10 %. Face à ces projections sombres, Schwesig a choisi de rompre les rangs avec le gouvernement fédéral, blâmant les querelles internes constantes de Berlin et le manque d'action décisive pour la montée de l'opposition.
Dans son diagnostic, les navetteurs qui se rendent au travail chaque jour sont confrontés à la flambée des prix du carburant et à l'escalade du coût de la vie, pour ensuite voir la coalition fédérale se quereller au lieu d'apporter un soulagement. Cette indifférence perçue a convaincu de nombreux électeurs que l'establishment politique ne se soucie tout simplement pas de leurs fardeaux quotidiens. Schwesig a noté que le simple fait de qualifier l'AfD de radicale ou d'extrême droite est une stratégie vouée à l'échec ; le SPD doit plutôt s'attaquer aux problèmes tangibles auxquels sont confrontés les électeurs. Naturellement, des commentaires aussi francs de la part d'une dirigeante d'un État de l'Est ont alimenté les spéculations selon lesquelles Schwesig se positionnerait discrètement pour une future candidature à la présidence du parti fédéral.
Parallèlement, Schwesig a cherché à saper l'attrait populiste de l'AfD en la qualifiant de parti asocial. Elle a cité plusieurs positions politiques locales pour étayer son affirmation, notant que l'AfD s'était opposée à l'abolition des frais de garde d'enfants, avait rejeté les lois sur les marchés publics liées aux conventions collectives et avait voté contre les plans d'aide destinés à sauvegarder les emplois dans les chantiers navals régionaux.
Elle a également ciblé l'incapacité persistante du parti à prendre ses distances avec les éléments radicaux. Soulignant le cas du candidat de l'AfD Tommy Thormann, qui a fait la une des journaux pour avoir menacé des opposants politiques avant de se retirer sous la pression, Schwesig a soutenu que l'intimidation calculée suivie d'une retraite tactique est un schéma standard pour le parti. Elle a en outre souligné que le secrétaire général de l'AfD au niveau de l'État a des antécédents dans les milieux néo-nazis. C'est le pari que Schwesig prend maintenant, de savoir si cette stratégie à double tranchant, consistant à blâmer Berlin tout en attaquant l'opposition, parviendra à combler l'écart de sept points avant le jour des élections.
Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com
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