
L'inertie législative et le coût élevé de la violence domestique au Cameroun
Alors que huit décès en une semaine suscitent l'indignation publique, les protections juridiques promises restent bloquées par l'examen bureaucratique.

Huit vies éteintes en sept jours. Au Cameroun, le sombre bilan des féminicides domestiques a une fois de plus révélé le fossé entre les assurances officielles et la réalité sur le terrain. Alors que l'indignation publique grandit, l'appareil d'État répond avec sa lenteur habituelle, offrant des condamnations formelles tandis que les garanties juridiques substantielles restent bloquées dans les limbes administratives.
La récente série de meurtres à travers le pays a suscité de vives critiques de la part de l'opposition. Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a accusé l'administration d'une passivité totale face à l'escalade de la violence domestique. En réponse, les médias d'État ont diffusé le contre-récit officiel : Marie-Thérèse Abena Ondoa, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, a qualifié la hausse des décès de préoccupante et a insisté sur le fait que le pouvoir exécutif s'attaquait activement à la crise.
Sa principale preuve de progrès repose sur une proposition législative rédigée et conçue pour protéger les femmes de la violence basée sur le genre. Pourtant, ce projet de loi languit actuellement sur le bureau du Premier ministre, subissant une nouvelle série d'examens exécutifs. Pour un gouvernement capable d'agir rapidement lorsque des intérêts politiques fondamentaux sont en jeu, la découverte soudaine d'une délibération procédurale face à la mortalité domestique est révélatrice.
Les groupes de défense des droits et les acteurs de la société civile considèrent le calendrier du gouvernement avec un profond scepticisme. La dernière session parlementaire de l'année, prévue pour novembre, est traditionnellement consacrée aux débats fiscaux. Viviane Tathi, dont l'organisation surveille les cas de féminicides à l'échelle nationale, s'est demandé comment un statut de protection pourrait réalistement être adopté par l'assemblée alors que les questions budgétaires dominent le calendrier législatif. Elle a plaidé pour des remèdes institutionnels plus immédiats, y compris la création de tribunaux spécialisés dédiés spécifiquement à la résolution des litiges familiaux avant qu'ils ne dégénèrent en violence.
Les réformes sur papier offrent une faible protection lorsque les retards de procédure dictent le rythme de la justice. Tant que le gouvernement ne priorisera pas la responsabilité institutionnelle sur la commodité administrative, les promesses statutaires continueront de traîner tragiquement derrière les faits sur le terrain.
Écrit par Thorben Thiede



