
Le Pen et Bardella affichent leur unité tandis qu'un tribunal décide de son avenir politique
Le Rassemblement National veut paraître discipliné, mais le véritable enjeu réside auprès de la cour d'appel de Paris et de l'éligibilité de Marine Le Pen pour 2027.

La politique française a l'habitude de se transformer en drame judiciaire, et cette semaine ne fait pas exception.
Mardi, une cour d'appel de Paris doit décider si Marine Le Pen peut se présenter à l'élection présidentielle de 2027. Si la décision lui est défavorable, le Rassemblement National perdrait sa figure la plus reconnaissable au moment où la course à l'Élysée commence à prendre forme.
Le Pen et le président du parti, Jordan Bardella, ont choisi de répondre à cette incertitude par une démonstration d'unité lors d'un événement du parti à Liévin, dans le nord de la France. Le message était assez simple : pas de panique, pas de fissures visibles, pas d'audition publique pour une bataille de succession. Le Pen a insisté sur le fait que ceux qui pensent que les obstacles la décourageront se trompent, tandis que Bardella a affirmé rester pleinement engagé à ses côtés sur le plan politique et espérer la voir élue présidente dans quelques mois.
Cette démonstration d'harmonie n'était guère accidentelle. Le parti a tenté de balayer les rumeurs de tensions internes, certains observateurs soupçonnant des divergences entre les deux personnalités. Les sièges vides lors de l'événement, malgré l'attente d'au moins 1 200 militants, n'ont guère amélioré l'atmosphère. Le théâtre politique, comme toujours, préfère une salle comble.
Le cadre juridique est bien moins commode. En mars 2025, un tribunal de Paris a jugé que Le Pen était au centre de ce qu'il a appelé un système frauduleux utilisé par son parti pour détourner 2,9 millions d'euros de fonds du Parlement européen. Si la cour d'appel confirme cette décision, elle serait interdite de se présenter en 2027. Pour Le Pen, cette élection est largement considérée comme sa meilleure chance restante d'accéder à la présidence. Elle a atteint le second tour en 2017 et 2022, et a perdu face à Emmanuel Macron à chaque fois.
Macron, bien sûr, ne peut pas se représenter l'année prochaine après avoir effectué deux mandats consécutifs. Cela laisse le champ libre, mais pas exactement serein. Le Pen et Bardella ont néanmoins profité du rassemblement de Liévin pour attaquer leurs rivaux, accusant Jean-Luc Mélenchon de promouvoir une politique racialiste et se moquant de Gabriel Attal et Édouard Philippe comme de petits Macron. Le rituel français habituel : chacun dénonce les autres, tandis que les tribunaux décident tranquillement qui est encore autorisé à jouer.
Pour le Rassemblement National, les enjeux sont évidents. Une interdiction confirmée obligerait le parti à s'appuyer davantage sur Bardella, qui est jeune, discipliné et désireux d'hériter d'un mouvement qui a passé des années à essayer de paraître moins chaotique que ne le prétendent ses détracteurs. Reste à savoir si le parti pourra transformer cela en une candidature présidentielle crédible. En France, les institutions sont censées clarifier la politique. Plus souvent, elles révèlent simplement à quel point elle repose sur une seule personne, une seule décision et un parti très nerveux.
Écrit par Thorben Thiede
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