
La France brûle pendant que Macron erre dans le Golfe
Face à une dette publique galopante et à l'effondrement de l'ordre public, la présidence française est à court de réponses et d'autorité.

Lorsque l'ordre public s'effondre, les présidents français se replient traditionnellement sur une rhétorique de haute volée. Emmanuel Macron est allé un cran plus loin : il s'est retiré dans le Golfe. Alors que les mairies de Limoges et de Marseille subissaient incendies et vandalismes, l'Élysée a justifié l'absence du président en invoquant la sécurité énergétique. Pourtant, en France, quatre-vingt-deux pour cent des électeurs jugent sa performance défavorable, observant un État qui semble totalement incapable de maintenir une sécurité élémentaire.
Les violentes actions de rue, déclenchées par des manifestations étudiantes sur le niveau de vie, ont rapidement dégénéré en pillages généralisés à travers le pays. Les chiffres officiels — 855 arrestations et 557 personnes placées en garde à vue, dont près des quatre cinquièmes sont des adultes — ne racontent qu'une partie de l'histoire. Ce qu'ils révèlent, c'est une administration prise totalement au dépourvu.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a offert sa démission après avoir admis un manque total d'anticipation, tandis que le ministre de la Justice Gérald Darmanin a concédé que les services de renseignement de l'État avaient échoué. Macron a rejeté la démission, préférant conserver un cabinet dont l'aveu d'impuissance est désormais public. S'adressant à la nation, Macron a condamné la violence, affirmant que rien ne la justifie, rien ne l'explique, rien ne l'excuse tout en promettant de nouvelles procédures opérationnelles.
Cette rupture de la sécurité n'est pas un incident isolé ; elle est le symptôme d'un déclin structurel plus large. La France est accablée par une dette publique record, une inflation élevée et des coûts énergétiques exorbitants, laissée politiquement paralysée depuis la décision irréfléchie de Macron de dissoudre l'Assemblée nationale en juin 2024. Ayant privé son propre gouvernement d'une majorité fonctionnelle, il a exposé les cabinets successifs à de constantes menaces de motion de censure, incapables d'appliquer la discipline fiscale ou économique nécessaire.
Les vautours politiques tournent déjà en vue de l'élection présidentielle de 2027. Les anciens premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal ont pris des mesures pour se distancier de leur ancien chef, Attal appelant à l'utilisation de la technologie de reconnaissance faciale et à l'intervention de l'armée. Le candidat conservateur Bruno Retailleau a jugé le président dépassé, tandis que l'eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann a parlé d'une République en désintégration.
Pendant ce temps, la droite capitalise sur le chaos. Marine Le Pen et le président du Rassemblement National Jordan Bardella se présentent comme la seule alternative viable. Le Pen a attribué les troubles à une alliance de délinquants de banlieue et de casseurs professionnels, tandis que Bardella a observé que la France est prise entre l'impuissance et la violence. Avec les Gilets Jaunes préparant une deuxième vague d'actions, le modèle français de forte imposition et de gouvernance faible est à bout de souffle.
Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com
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