
La Cour Suprême du Danemark examine un recours contre les lois sur l'intégration du logement
Des locataires expulsés de Helsingør soutiennent que les quotas de logement basés sur l'origine constituent une discrimination ethnique illégale.
Par Martina Kirchner

La Cour suprême du Danemark a commencé à examiner une affaire portée par sept familles contestant les résiliations de baux en vertu des lois d'intégration du logement du pays. Les locataires soutiennent que les critères gouvernementaux utilisés pour classer les résidents en fonction de leur origine constituent une discrimination ethnique illégale en vertu de la loi danoise sur l'égalité de traitement.
L'action en justice découle du lotissement de Nojsomhed à Helsingør, où le propriétaire Boliggarden a annoncé des plans de rénovation de 96 appartements début 2020 avant de résilier les baux des résidents en 2022. Les locataires concernés affirment que les résiliations visaient à empêcher le lotissement d'atteindre le seuil légal qui classe les développements immobiliers comme zones de transformation.
Promulguée en 2018 dans le cadre d'un ensemble législatif visant à éliminer les sociétés parallèles d'ici 2030, la loi cible les ensembles de logements sociaux d'au moins 1 000 résidents où plus de 50 % de la population est classée comme non-occidentale. Les statistiques officielles catégorisées par le gouvernement danois définissent un non-occidental comme toute nation en dehors de l'Union européenne, avec des exemptions pour douze pays dont Andorre, l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et les États-Unis.
Selon les chiffres des associations de locataires, la politique devrait contraindre environ 11 000 résidents à déménager des ensembles de logements sociaux à travers le Danemark d'ici 2030. Les ensembles désignés par cette politique doivent également satisfaire à des critères supplémentaires concernant les taux de chômage locaux, le revenu moyen, les niveaux d'éducation et les condamnations pénales, après quoi ils doivent réduire les logements familiaux publics à 40 % par le biais de ventes, de conversions ou de démolitions.
Les procédures de la Cour suprême danoise font suite à une décision de décembre 2025 de la Cour de justice de l'Union européenne concernant des recours distincts de locataires à Copenhague et Slagelse. La cour européenne a statué que si l'origine géographique n'équivaut pas automatiquement à l'ethnicité, les critères basés sur l'origine peuvent être liés à l'origine ethnique, laissant aux juges danois le soin de déterminer si les critères nationaux de logement entraînent un traitement discriminatoire.
Le gouvernement danois soutient que la législation vise à favoriser l'intégration et à prévenir les communautés isolées. L'ancienne ministre des Affaires sociales et du Logement, Sophie Hæstorp Andersen, a indiqué plus tôt cette année que les autorités continueront d'appliquer les mesures pendant que les procédures judiciaires se poursuivent, un jugement de la Cour suprême étant attendu plus tard ce mois-ci.
Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com
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