
Les ambitions de Berne en matière d'énergies renouvelables rapides se heurtent à un mur local
Le gouvernement cantonal abandonne les plans de décrets exécutifs urgents après que les communes ont défendu leur droit de veto sur les grands projets éoliens et solaires.

Lorsque les ambitions exécutives se heurtent aux réalités tenaces de l'autodétermination locale, la rapidité perd généralement. Dans le canton de Berne, le gouvernement régional a officiellement renoncé à sa tentative d'imposer des approbations accélérées pour les grands projets solaires et éoliens par décret exécutif urgent. Confronté à une résistance généralisée des municipalités locales et du parlement cantonal, l'exécutif a abandonné son raccourci administratif au profit du processus législatif lourd et traditionnel.
Cette démarche n'était pas sans motivation. Berne possède le plus grand potentiel éolien de Suisse, estimé à environ 7 000 gigawattheures par an. Pour atteindre les objectifs qui envisagent d'exploiter un tiers de ce potentiel d'ici 2050, environ 100 éoliennes doivent être opérationnelles d'ici 2035. Aujourd'hui, seulement 16 sont en service. Stimulée par un décret fédéral d'accélération de 2025 exigeant des cantons qu'ils simplifient les permis et raccourcissent les recours judiciaires, la direction bernoise a cherché à contourner les approbations locales chronophages. Cette approche descendante a provoqué un tollé immédiat, culminant avec une motion parlementaire de l'UDC insistant sur le fait que les droits de veto des communes restent non négociables.
Reconnaissant la défaite, la conseillère d'État écologiste Aline Trede a présenté ce recul non pas comme un échec, mais comme un engagement envers la participation démocratique, observant qu'un processus législatif prend du temps, mais il rallie tout le monde. En incluant les municipalités pendant la phase de consultation formelle, le gouvernement espère éviter de coûteux retards juridiques par la suite. Reste à savoir si cette approche patiente permettra de livrer 84 nouvelles turbines en moins d'une décennie. Dans le canton de Lucerne, les électeurs ont choisi une voie différente, rejetant un référendum visant à laisser le pouvoir de décision sur les grands parcs éoliens directement au gouvernement cantonal. Berne, cependant, doit maintenant prouver que l'incitation des électeurs locaux donne de meilleurs résultats que le simple fait de les priver de leur droit de parole.
Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com
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