L'habitude administrative de Berne : pourquoi les mariages passés n'ont pas besoin d'étiquettes à vie

Le Conseil fédéral suisse soutient une initiative visant à effacer la mention « divorcé » des registres d'état civil officiels.

Bern’s Administrative Habit: Why Past Marriages Do Not Need Lifelong Labels

La bureaucratie suisse a toujours excellé dans la cataloguisation de ses citoyens avec une précision tranquille et ordonnée. Pourtant, même dans un État bâti sur une tenue de registres méticuleuse, certaines étiquettes administratives perdurent longtemps après l'expiration de leur objectif légal. Une nouvelle initiative de Berne remet désormais en question l'habitude gouvernementale d'apposer aux individus le statut civil permanent de divorcé.

La Conseillère nationale Nadine Gobet du FDP, soutenue par douze parlementaires de toutes les factions politiques, a déposé une motion exigeant les modifications législatives nécessaires pour abolir cette désignation. Son raisonnement rejoint directement un principe libéral sensé : le statut civil existe pour définir la réalité juridique présente d'une personne, et non pour servir de dépôt officiel d'arrangements personnels passés.

Selon le système actuel, les citoyens doivent s'identifier comme divorcés des années ou des décennies après la dissolution d'un mariage, bien après que les droits ou devoirs légaux entre anciens partenaires aient cessé. Pour Gobet et ses partisans, obliger les individus à déclarer perpétuellement une affaire personnelle conclue sur des documents officiels ne remplit aucune fonction juridique contemporaine. Au lieu de cela, cela ne fait qu'immortaliser un événement privé dans les registres de l'État par pure tradition administrative.

Ceux qui s'inquiètent des lacunes dans la mémoire de l'État peuvent être rassurés. La réforme proposée n'efface pas complètement le fait d'un divorce des dossiers publics. Les registres backend continueront d'enregistrer l'événement juridique, garantissant que les autorités compétentes conservent un accès complet aux informations nécessaires sans exiger des citoyens qu'ils exhibent leur histoire matrimoniale passée sur chaque formulaire de routine.

Le Conseil fédéral a signalé sa volonté de mettre en œuvre la motion, offrant son approbation sans publier de justification détaillée de sa part. La question est maintenant soumise au Parlement, qui devra déterminer si la machine administrative suisse peut enfin séparer la situation actuelle d'un individu de son histoire personnelle.

Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com