
Une guerre d'escalade et d'attrition incessante au Yémen
Alors que les défenses saoudiennes interceptent les missiles entrants, les troupes gouvernementales et les combattants houthis échangent de lourds coups à travers al-Jawf et Taiz.
Par Andreas Hofer

La guerre dans la péninsule arabique maintient son rythme familier et sombre de matériel abattu du ciel, de chiffres de victimes effrayants et de populations urbaines silencieusement étranglées par le siège. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a récemment signalé une nouvelle interception de routine au-dessus de sa région méridionale, où les défenses aériennes ont détruit un missile balistique et un drone lancés par les forces houthis. Le porte-parole de la coalition, le général de division Turki al-Maliki, a confirmé la neutralisation des menaces entrantes, ce qui a brièvement mis les autorités de la défense civile en état d'alerte élevée à Abha, Khamis Mushait, Taif et Najran. Parallèlement aux réponses militaires, les responsables saoudiens ont demandé aux résidents de ne pas filmer ni publier de matériel concernant les frappes.
De l'autre côté de la frontière, les forces armées du gouvernement yéménite poursuivent leur offensive, l'Opération l'Aube du Yémen. Cette campagne, conçue pour reconquérir les territoires perdus depuis que les Houthis ont pris Sanaa en 2014 et étendu leur emprise sur la côte de la mer Rouge en septembre, a transformé le gouvernorat septentrional d'al-Jawf en un théâtre de conflit principal. Le colonel Majed Abdullah al-Nazili, porte-parole de l'armée yéménite, a signalé 1 272 opérations de ciblage en vingt-quatre heures à travers al-Jawf, Marib et al-Bayda, affirmant la destruction de 170 véhicules et la mort d'environ 500 combattants houthis.
Les frappes aériennes, cependant, restent une affaire à double tranchant avec de graves conséquences sur le terrain. Les médias alignés sur les Houthis ont rapporté sept blessés suite à des raids aériens de la coalition sur Hodeïda, détaillant des dommages au quai du port de Ras Isa et à un site pétrolier à Bajil. La coalition n'a fait aucun commentaire officiel concernant ces allégations spécifiques.
Pourtant, l'arme la plus efficace dans ce conflit reste la suffocation économique et logistique. À Taiz, la troisième plus grande ville du Yémen, un siège houthi a coupé l'approvisionnement en nourriture, carburant et fournitures médicales depuis début octobre. Le gouverneur de Taiz, Nabil Shamsan, a averti que 120 établissements de santé ont déjà cessé leurs activités, et que 66 autres sont sur le point de fermer complètement. Le transport de biens essentiels via des routes de montagne alternatives difficiles s'est avéré périlleux, des membres des comités locaux signalant que 23 camions de ravitaillement se sont écrasés ou ont subi des dommages ces dernières semaines.
Écrit par Andreas Hofer
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