
Les jeunes travailleurs espagnols consacrent désormais la quasi-totalité de leur salaire au loyer
Le taux d'émancipation atteint un niveau historiquement bas de 14,5 %, le salaire net moyen de 1 190 € couvrant à peine le loyer moyen de 1 176 €, selon le rapport du Conseil de la jeunesse.

Un jeune employé en Espagne devrait consacrer 98,7 % de son salaire net mensuel pour louer un logement individuel. C'est ce que révèlent les nouvelles données publiées vendredi par l'Observatoire de l'émancipation du Conseil de la jeunesse espagnol, qui suit les conditions de vie des personnes âgées de 16 à 29 ans.
Les chiffres brossent un tableau saisissant. Le salaire net moyen d'un jeune travailleur en Espagne s'élève actuellement à environ 1 190 € par mois. Le loyer moyen d'un logement a atteint 1 176 €. Le calcul ne laisse qu'une marge de manœuvre de 14 € avant que les coûts de logement n'engloutissent tout le reste.
Sans surprise, le taux d'émancipation des jeunes s'est effondré. En 2025, seuls 14,5 % des personnes de cette tranche d'âge vivaient de manière indépendante – le pire chiffre depuis le début des relevés comparables. Le rapport note que l'âge moyen estimé pour quitter le domicile familial a désormais dépassé 30 ans.
La présidente de l'organisation, Andrea Henry, a résumé la dynamique en termes directs. Pour les jeunes, a-t-elle dit, déménager signifie s'appauvrir. Elle a ajouté que le marché du travail et le marché du logement ne parlent plus la même langue pour les jeunes Espagnols.
Le rapport quantifie également précisément comment les coûts de logement poussent les jeunes locataires dans la détresse financière. Parmi les jeunes qui louent, le risque de pauvreté s'élève à 25,9 % avant de payer le logement. Après déduction du loyer, ce chiffre grimpe à 43 %. Le Conseil de la jeunesse affirme que l'accès au logement est devenu l'un des principaux moteurs de l'inégalité entre les générations.
L'organisation soutient en outre que le problème ne touche plus seulement les jeunes chômeurs ou ceux déjà en situation d'exclusion sociale. Une grande partie de la jeune population active est également prise au piège. Même lorsqu'ils ont un emploi, note le rapport, beaucoup ne peuvent pas construire une vie indépendante sans tomber dans la précarité, le surendettement ou la dépendance continue vis-à-vis de leur famille.
Pour ceux qui envisagent la colocation comme une alternative moins chère, les chiffres ne sont guère meilleurs. Le Conseil de la jeunesse avertit que les arrangements de colocation ne sont pas non plus vraiment abordables dans de nombreuses villes, le loyer représentant 33,6 % du salaire moyen d'un jeune travailleur. Le soutien financier des familles est devenu le facteur décisif qui sépare ceux qui peuvent déménager de ceux qui ne le peuvent pas. Parallèlement, l'achat d'un logement reste totalement hors de portée pour une grande partie des jeunes.
Le Conseil de la jeunesse espagnol appelle à des mesures publiques pour augmenter l'offre de logements abordables et rendre un logement décent accessible aux jeunes. Dans son avertissement, l'organisation décrit le problème comme structurel et affirme qu'il a de graves conséquences pour toute une génération.
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