La Stagnation Française : Rendements Élevés, Faible Croissance et Illusions Budgétaires

Alors que le PIB se contracte et que les coûts d'emprunt augmentent, Paris découvre que les ruses constitutionnelles ne peuvent pas acheter la crédibilité budgétaire.

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The French Stagnation: High Yields, Low Growth, and Budgetary Illusions

Le tour de prestidigitateur économique à Paris s'essouffle. Selon les données de l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques, le produit intérieur brut français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre. Cela fait suite à un deuxième trimestre stagnant et à une contraction de 0,2 % au premier. Pour la deuxième économie de la zone euro, ce triple coup de faiblesse se situe précisément au seuil d'une récession technique, aggravée par une inflation annuelle qui est remontée à 3,4 % en octobre, contre 3,1 % en septembre.

Alors que le gouvernement se prépare à des manifestations nationales sur le coût de la vie et les doléances des jeunes, les marchés financiers ont rendu un verdict bien plus désintéressé. Les coûts d'emprunt de l'État français ont brièvement dépassé les 5 % avant de se stabiliser autour de 4,9 % pour la dette souveraine à dix ans. L'écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes reste élevé, à environ 1,55 point de pourcentage. Même si la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, a ostensiblement évité de commenter la situation française lors d'une récente réunion de la banque centrale, les investisseurs exigent clairement une prime de risque plus élevée pour détenir des titres français.

Face à cette douche froide des marchés, le gouvernement minoritaire a eu recours à une rhétorique alarmiste. Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a décrit l'économie nationale comme étant à l'arrêt et a averti que le pays irait droit dans le mur si son projet de budget de relance 2027 ne passait pas le parlement. Pour contourner son manque de majorité législative, le cabinet envisage ouvertement des raccourcis exécutifs : le recours à l'article 49.3 pour faire passer la législation sans vote, ou le recours au gouvernement par ordonnances – une procédure jamais utilisée pour un budget depuis la fondation de la Cinquième République en 1958.

Cette obsession pour les mécanismes procéduraux parlementaires, cependant, confond la force exécutive avec la légitimité financière. Jérôme Mathis, professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine, observe qu'un budget précipité ou un plan de dépenses adopté par décret ne possède pas de levier magique pour relancer la croissance à court terme. Au contraire, les ajustements budgétaires freinent généralement l'activité économique immédiate. La véritable menace qui plane sur l'économie française n'est pas le délai procédural d'un document budgétaire, mais l'absence persistante d'une trajectoire fiable à moyen et long terme pour les finances publiques.

Lorsqu'un État s'appuie sur des décrets exécutifs pour masquer une faiblesse politique, la crédibilité structurelle en pâtit. Comme l'indiquent les recherches stratégiques de BCA Research, le problème sous-jacent n'est pas de savoir si Paris conserve la capacité technique de percevoir des impôts ou de servir sa dette, mais si son système politique conserve une capacité quelconque à ralentir l'accumulation de la dette. Des taux d'intérêt plus élevés se répercutent inévitablement sur le budget de l'État, réduisant la marge de manœuvre budgétaire et étouffant l'investissement privé. Tant que les investisseurs ne verront pas de réelle discipline plutôt qu'un théâtre constitutionnel, la prime sur la dette française persistera.

Écrit par Andreas Hofer

andreas.hofer@alpineweekly.com