
Un tribunal danois prononce de lourdes peines contre des Suédois pour une attaque à la grenade près de l'ambassade d'Israël
Les juges ont estimé que l'attaque de Copenhague en 2024 constituait du terrorisme, malgré les allégations selon lesquelles elle aurait été menée pour de l'argent plutôt que par idéologie.

Un tribunal de Copenhague a condamné deux ressortissants suédois à de lourdes peines de prison pour une attaque à la grenade perpétrée l'année dernière près de l'ambassade d'Israël dans la capitale danoise, concluant que l'incident constituait du terrorisme et une tentative de meurtre.
Les accusés, aujourd'hui âgés de 18 et 21 ans, ont été condamnés respectivement à 12 et 14 ans de prison. Au moment de l'attaque en octobre 2024, ils étaient mineurs. Le tribunal a également ordonné que les deux hommes soient expulsés vers la Suède une fois leurs peines de prison purgées.
Selon le jugement, le duo a agi ensemble et en coordination avec au moins un complice non identifié lié à un réseau criminel suédois. Les juges ont estimé que la planification et l'exécution de l'attaque dépassaient un acte spontané et atteignaient le seuil légal du terrorisme en vertu du droit danois.
L'incident a eu lieu aux premières heures du 2 octobre 2024, lorsque deux grenades à main ont été lancées en direction de l'ambassade d'Israël à Copenhague. Les engins n'ont pas atteint l'enceinte de l'ambassade et ont explosé sur la terrasse d'un immeuble résidentiel voisin, à environ 100 mètres. Personne n'a été blessé, mais les explosions se sont produites dans un quartier diplomatique qui abrite également d'autres ambassades.
Une école juive située dans la même rue que l'ambassade était fermée à ce moment-là, évitant ainsi ce que les autorités ont qualifié de conséquences bien plus graves.
Au cours du procès, les deux accusés ont admis avoir lancé les grenades mais ont soutenu qu'ils étaient motivés par des gains financiers plutôt que par des convictions politiques ou idéologiques. Les procureurs ont rejeté cet argument, déclarant que l'opération servait les intérêts d'une organisation terroriste et que l'ambassade d'Israël avait été délibérément choisie comme cible.
Les procédures judiciaires ont révélé que le plus jeune accusé est membre du réseau criminel suédois Foxtrot et a été recruté alors qu'il était encore à l'école. Il fait également face à des accusations distinctes en Suède liées à une fusillade à l'ambassade d'Israël à Stockholm. L'accusé plus âgé fait également l'objet d'une enquête pour son implication dans un autre incident violent en Suède.
Les procureurs danois ont déclaré que l'affaire illustre comment les réseaux de criminalité organisée peuvent fonctionner comme intermédiaires pour la violence politiquement motivée, brouillant la frontière entre l'activité des gangs et le terrorisme.
Le verdict intervient dans le contexte de la violence persistante des gangs en Suède, où les groupes criminels ont de plus en plus recours aux adolescents pour mener des attaques. Les autorités suédoises avaient précédemment averti que des acteurs étrangers pourraient exploiter ces réseaux. En mai 2024, les services de renseignement suédois ont allégué que l'Iran avait cherché à recruter des membres de gangs suédois pour cibler les intérêts israéliens, une affirmation que Téhéran a niée.
Les avocats de la défense des deux hommes ont annoncé leur intention de faire appel des condamnations et des peines.
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