
La police portugaise arrête cinq personnes lors d'un raid sur le «réseau» du gouvernement local du Parti socialiste
Les enquêteurs ont exécuté 92 mandats de perquisition à Lisbonne, Mafra, Oeiras et Coimbra, examinant l'attribution de contrats d'une valeur de plus de 800 000 € entre 2016 et 2022.

La police judiciaire portugaise a arrêté cinq personnes et désigné 37 suspects dans le cadre d'une enquête sur un présumé «réseau» de corruption opérant au sein de la base de pouvoir du gouvernement local du Parti socialiste. L'opération, confirmée à Euronews par une source de la PJ, a impliqué des raids sur plusieurs sites à Lisbonne, Mafra, Oeiras et Coimbra.
«La Police Judiciaire, par l'intermédiaire de l'Unité Nationale de Lutte contre la Corruption, mène une opération de police pour exécuter 60 mandats de perquisition de résidences et 32 mandats de perquisition de locaux non résidentiels», a déclaré la PJ dans un communiqué de presse. Les enquêteurs se penchent sur d'éventuels crimes de «malversation et de participation économique à des affaires, impliquant l'attribution de divers contrats par des conseils municipaux et des conseils de paroisse.»
Le communiqué ajoute que les contrats en question ont été attribués par le biais de procédures d'adjudication directe ou de processus de consultation préalable, «en violation manifeste des normes légales applicables et avec un préjudice évident pour le trésor public.» Les personnes placées en garde à vue doivent comparaître devant le Tribunal Central d'Instruction Criminelle de Lisbonne pour un interrogatoire initial.
L'information a été rapportée pour la première fois par CNN Portugal, qui a noté que les perquisitions s'étendraient au siège du Parti socialiste de Lisbonne. Selon le rapport, l'enquête examine «un prétendu réseau construit autour du pouvoir local du PS» impliquant l'embauche de membres du parti et l'attribution de contrats à des entreprises appartenant à des socialistes par le biais de négociations directes. Entre 2016 et 2022 seulement, ces contrats auraient totalisé plus de 800 000 €.
Au centre de l'enquête se trouve le conseil paroissial de Santa Maria Maior, qui était dirigé par Miguel Coelho, identifié comme l'une des principales cibles de l'opération. Selon CNN Portugal, l'ancien maire aurait recruté un réseau de neuf anciens candidats du PS pour la municipalité de Mafra, dirigé par Sérgio Santos. Le réseau aurait contracté 19 entreprises liées à des militants socialistes.
L'épouse de Duarte Moral, ancien conseiller de l'ex-Premier ministre António Costa, est l'une des bénéficiaires de ces contrats directs, selon le rapport. Duarte Moral lui-même faisait partie des personnes arrêtées.
Pour l'instant, cinq personnes sont en garde à vue, des dizaines de domiciles et de bureaux ont été perquisitionnés, et le Parti socialiste portugais est une fois de plus confronté à des questions gênantes sur le fonctionnement réel de ses réseaux de pouvoir locaux. La PJ affirme que les contrats ont été attribués en «violation manifeste» de la loi. Les suspects auront leur mot à dire devant les tribunaux. Et le public, une fois de plus, se demande combien d'autres réseaux restent encore à découvrir.
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