Les deux moteurs de l'empiètement : pouvoir de l'État et expansion coloniale en Cisjordanie

Alors que les observateurs internationaux émettent leurs réprimandes habituelles, une combinaison de raids militaires et de construction de colonies non autorisées est en train de remodeler rapidement la réalité territoriale sur le terrain.

The Twin Engines of Encroachment: State Power and Settler Expansion in the West Bank

La Cisjordanie continue de subir une double pression : contrôle administratif et expansion physique. Les opérations de sécurité étatiques et les activités des colons fonctionnent en parallèle, remodelant la réalité territoriale tandis que les observateurs internationaux émettent leurs réprimandes habituelles. Des rafles militaires nocturnes dans les gouvernorats de Tubas, Naplouse et Bethléem ont abouti à la détention de sept Palestiniens, dont deux jeunes de seize ans.

L'empreinte opérationnelle de l'armée israélienne reste lourde sur tout le territoire. À Asira ash Shamaliya, des troupes ont réquisitionné une résidence privée pour l'utiliser comme centre d'interrogatoire improvisé, tandis que près d'Hébron, des soldats ont poursuivi et détenu onze travailleurs palestiniens. Des sources palestiniennes décrivent ces rafles militaires comme très perturbatrices pour la vie civile, bien que l'État les justifie comme un maintien de la sécurité nécessaire.

Alors que l'armée agit sous la bannière officielle de la sécurité de l'État, les mouvements de colons poursuivent une expansion territoriale plus directe. Le rythme de cette activité est frappant, avec douze avant-postes non autorisés érigés en une seule semaine. Ces entreprises manquent de sanction étatique formelle, pourtant elles se déroulent avec une facilité apparente, créant des défis juridictionnels complexes sur le terrain.

Les frictions physiques et économiques entre les colons et les Palestiniens locaux restent élevées. À Beitillu, un couple d'agriculteurs a nécessité un traitement hospitalier après que des colons ont pris d'assaut leurs terres agricoles. Près d'Hébron, des résidents de l'avant-poste de Bat Ayin ont eu recours à l'incendie criminel, détruisant des véhicules et dégradant des biens. Pendant ce temps, sur la route entre al-Mughayyir et Abu Falah, des responsables du conseil local signalent que les altercations de colons impliquant des véhicules tout-terrain et du gaz poivre sont devenues un danger courant pour les navetteurs.

Le cadre administratif régissant les droits de propriété présente des obstacles importants pour la population palestinienne. À Beit Jala, trois résidents ont récemment démoli leurs propres maisons pour éviter les lourdes sanctions financières associées aux démolitions menées par l'État. Les défenseurs palestiniens soutiennent que cette dynamique découle d'un refus systématique des autorités israéliennes de délivrer des permis de construire, laissant les propriétaires avec un choix peu enviable entre les amendes municipales et l'auto-démolition.

Ces incidents localisés s'inscrivent dans un schéma plus large de consolidation territoriale. Au cours des six premiers mois de l'année, les observateurs ont enregistré plus de 11 000 incidents d'activité militaire et de colons à travers la Cisjordanie, Ramallah, Naplouse et Hébron absorbant le plus gros des frictions. La réponse internationale reste rhétoriquement élevée mais pratiquement inerte.

Les responsables des Nations Unies soutiennent que les déplacements forcés et les expansions d'avant-postes violent le droit international. Ajoutant au chœur diplomatique, le Premier ministre britannique Andy Burnham a qualifié la situation humanitaire d'inacceptable, évoquant la perspective de restrictions sur les exportations d'armes. Pourtant, une telle posture diplomatique ne fait que peu pour modifier la réalité quotidienne du gaz lacrymogène déployé dans les supermarchés de Ramallah ou la construction constante d'avant-postes sur les collines.

Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com