
L'illusion de la mobilité : la victoire creuse de l'Europe dans l'indice des passeports 2026
Un nouveau classement salue les passeports européens pour la qualité de vie et l'attrait des investissements, mais les métriques semblent ignorer la léthargie structurelle plus profonde du continent.

La cinquième édition annuelle de l'indice mondial des passeports pour 2026 a été publiée, dressant un tableau inopinément rose de la domination européenne. Selon la société de conseil Global Citizen Solutions, neuf des dix passeports les plus puissants du monde proviennent d'Europe. Singapour est le seul outsider, s'accrochant à la dixième place. Contrairement aux classements qui ne font que compter les destinations sans visa, cet indice tente de quantifier l'attractivité des investissements et la qualité de vie globale.
La Suède occupe la première place du classement général, masquant ses défis sociaux internes par une généreuse deuxième place dans la catégorie subjective de la qualité de vie. La Suisse suit de près en deuxième position, associant un fort attrait pour l'investissement à une étonnante trente-sixième place en matière de qualité de vie. La Finlande prend la troisième place, démontrant une saine organisation politique avec une première place en qualité de vie, malgré un médiocre vingt-huitième rang pour l'investissement. La forte dépendance à l'égard de ces métriques « douces » suggère un gonflement délibéré des scores européens.
Le décalage entre la méthodologie de l'indice et le dynamisme économique brut devient flagrant plus bas dans la liste. L'Allemagne obtient inexplicablement la quatrième place, soutenue par un score de troisième place en qualité de vie qui ignore opportunément la léthargie économique actuelle du pays et son leadership politique faible. Les Pays-Bas et le Danemark sont à égalité en cinquième position, tandis que l'Irlande, le Royaume-Uni et la Norvège complètent le balayage européen du haut du classement. Ces nations fortement bureaucratiques bénéficient immensément du système de notation de l'indice, qui semble récompenser les postures idéologiques plutôt que la compétitivité économique réelle.
Le Royaume-Uni occupe la huitième place, les auteurs de l'indice soulignant les effets administratifs persistants du Brexit sur la mobilité britannique. Patricia Casaburi, directrice générale de Global Citizen Solutions, a noté que le passeport britannique se classe à une modeste trentième place en termes de mobilité pure, reflétant la perte des droits automatiques de s'établir dans vingt-sept États européens. Néanmoins, elle a défendu les résultats globaux. La domination de l'Europe dans l'indice mondial des passeports est totale au sommet, et elle est construite sur l'équilibre, et non sur une seule force, a déclaré Casaburi.
Pendant ce temps, les États-Unis ont subi un net déclin dans le classement. Ayant occupé la première place en 2021 avec un score composite record de 96,45, l'Amérique a chuté à la douzième place. Cette baisse a été accélérée par des frictions diplomatiques, telles que le rétablissement par le Brésil des exigences de visa pour les citoyens américains en avril dernier. En fin de compte, un passeport bien classé constitue un excellent moyen d'échapper à son pays d'origine, un avantage que les citoyens de ces États-providence européens très réglementés pourraient bientôt trouver très utile.
Écrit par Freya Stensrud freya.stensrud@alpineweekly.com


