Une disgrâce royale aux frais du contribuable

Le monarque zoulou d'Afrique du Sud fait face à une crise après la fuite d'une vidéo le montrant menaçant son épouse.

A Royal Disgrace on the Taxpayer's Dime

La monarchie est un luxe coûteux pour toute république moderne, mais l'Afrique du Sud obtient un rendement particulièrement faible de son investissement. Le roi Misuzulu kaZwelithini, chef cérémoniel de la nation zouloue, bénéficie d'un budget annuel de plusieurs millions de dollars financé par le contribuable. En échange, il est censé assurer une dignité culturelle. Au lieu de cela, il a provoqué une dispute conjugale devenue virale.

Des images circulant largement depuis mercredi révèlent le monarque réprimandant agressivement sa troisième épouse, la reine Nomzamo Myeni. Plutôt que de faire preuve d'une dignité royale, le roi est vu menaçant d'agression physique, lançant des accusations d'infidélité et exigeant qu'elle quitte leur résidence. Le grief, semble-t-il, provient du fait que la reine a quitté la maison sans demander sa permission explicite. La reine, qui a enregistré secrètement la diatribe, a noté devant la caméra que cette violence était une caractéristique constante de sa vie quotidienne.

Dès vendredi, la machine de relations publiques royale a été contrainte d'agir pour contenir les retombées. Le bureau du roi a présenté des excuses, reconnaissant l'embarras infligé au groupe ethnique zoulou. Dans un exercice classique de contrôle des dégâts institutionnels, la déclaration officielle a insisté sur le fait que les enregistrements sont de nature historique et ne représentent pas les circonstances actuelles au sein de la Maison Royale. Pour prouver cette harmonie conjugale supposée, le palais a souligné que le couple était occupé à recevoir des politiciens le jour même de la fuite de la vidéo, arguant que de telles fonctions officielles démontrent la réconciliation et la réflexion.

La réaction du public s'est, comme on pouvait s'y attendre, divisée entre les lignes traditionnelles et modernes, certains condamnant le monarque et d'autres blâmant la reine pour avoir violé sa vie privée. Pourtant, le contexte plus large est sombre. L'Afrique du Sud souffre de taux stupéfiants de violence à l'égard des femmes, ce qui a incité le gouvernement à classer cette question comme une catastrophe nationale l'année dernière. C'est une contradiction frappante que le même appareil d'État qui lutte contre cette crise finance également une institution patriarcale où le chef d'État se sent à l'aise de menacer son conjoint pour des excursions non approuvées.

Le chaos au sein de la maison royale n'est guère une nouveauté. Le mariage du roi avec la reine Myeni en novembre dernier a lui-même été retardé par une longue bataille juridique. Sa première épouse, la reine Ntokozo kaMayisela, avait tenté de bloquer l'union devant les tribunaux, accusant le monarque de bigamie. Un juge a finalement rejeté la plainte, notant qu'elle avait précédemment consenti à un arrangement polygame.

Alors que la poussière retombe sur ce dernier scandale, l'absurdité structurelle reste intacte. Le roi zoulou conservera son immense influence culturelle et sa généreuse allocation d'État. Le public est contraint de financer une institution soi-disant digne qui, à huis clos, fonctionne avec toute la grâce d'une émission de téléréalité sordide.

Écrit par Christiane Hofreiter

christiane.hofreiter@alpineweekly.com