L'entraîneur, le certificat et la conscience accommodante

Le récit de la chute de Patrick Fischer en dit plus sur la faiblesse institutionnelle que sur sa conviction personnelle.

The Coach, The Certificate, and The Convenient Conscience

Après la tempête des révélations publiques vient le calme soigneusement orchestré de l'entretien confessionnel. Patrick Fischer, l'ancien entraîneur de l'équipe nationale suisse de hockey sur glace, a enfin livré sa version des faits qui ont mené à son licenciement. L'histoire implique un faux certificat Covid, un voyage aux Jeux olympiques de Pékin, et une tentative tardive d'établir un récit de conviction personnelle face à une pression écrasante.

Les faits essentiels sont incontestés. Pour assister aux Jeux olympiques de 2022 sans subir une longue quarantaine, Fischer a utilisé un faux certificat de vaccination. Cela a conduit à une condamnation pénale pour faux et usage de faux en 2023 et à une amende de près de 39 000 francs. La Fédération suisse de hockey sur glace, au courant de la condamnation, l'a maintenu à son poste. Ce n'est qu'après que le radiodiffuseur public SRF a exposé l'affaire en avril que la fédération s'est séparée de son entraîneur de longue date.

Dans une interview sur YouTube, Fischer explique maintenant sa décision. Il parle de son devoir envers l'équipe, que la quarantaine aurait compromise. Il fait également référence à une clause contractuelle de la fédération qui le menaçait de pénalités financières dépassant un demi-million de francs s'il manquait des tournois en raison de son statut non vacciné. Face à ce choix, il a opté pour une troisième voie, illégale. Il admet avoir failli à son rôle d'exemple public mais insiste sur le fait qu'il était « fidèle à lui-même » en refusant la vaccination. On peut se demander quel genre d'intégrité personnelle est démontrée par la fraude documentaire.

Son différend ultérieur avec la SRF, concernant la question de savoir si ses déclarations incriminantes étaient « off-the-record », ajoute une couche supplémentaire de jugement discutable. La position de la SRF est claire : la confidentialité doit être convenue avant une conversation, et non exigée rétroactivement lorsque l'on regrette ce qui a été dit. La plainte de Fischer ressemble moins à une défense de l'éthique journalistique qu'à une maladroite tentative de limiter les dégâts.

L'aspect le plus révélateur est peut-être le rôle de la Fédération de hockey sur glace. Elle connaissait les opinions de Fischer, mais a tenté de le contraindre avec une clause contractuelle punitive. Lorsque cette stratégie a abouti à une condamnation pénale, elle a choisi le silence plutôt que l'action, espérant que le problème disparaîtrait simplement. L'entraîneur n'a pas été licencié pour avoir enfreint la loi, mais pour l'embarras public qui a suivi lorsque ce crime est devenu de notoriété publique. Ce n'est pas du leadership ; c'est le portrait d'une organisation guidée par les relations publiques, et non par des principes.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com