
Classements et Rhétorique sur le Tatami d'Abu Dhabi
Une journée de médailles d'or historiques et d'effondrements inattendus montre à quelle vitesse les hiérarchies officielles se dissolvent dans le judo d'élite.

Lorsque les fédérations sportives internationales assemblent leurs circuits d'élite, le rythme s'arrête rarement pour laisser le public reprendre son souffle. Fraîchement sorti des Championnats du monde, le tournoi de judo a atterri à la Mubadala Arena pour le Grand Chelem d'Abu Dhabi. Ce qui s'est déroulé sur les tapis lors de la première journée était un mélange standard de hiérarchie prévisible et de véritable bouleversement compétitif, servi avec la dose habituelle de diplomatie sportive et de présentations de médailles par les dirigeants.
L'Azerbaïdjan a laissé la marque la plus emphatique lors de la première journée. Dans la catégorie des moins de 48 kg, Konul Aliyeva a remporté une victoire historique sur Merve Azak de Turquie, s'offrant la toute première médaille d'or féminine du Grand Chelem pour son pays. Les fonctions cérémonielles ont été remplies par le président de la Fédération Internationale de Judo, Marius Vizer. La domination de l'Azerbaïdjan s'est poursuivie dans la catégorie masculine des moins de 60 kg, où la tête de série Balabay Aghayev a expédié Loiq Kudbudinov, 18 ans, avec un ippon dynamique, prouvant que le favoritisme s'aligne parfois avec la réalité. Le vice-président de l'IJF, Laszlo Toth, était présent pour remettre le trophée.
Pourtant, le charme de l'athlétisme individuel réside dans son refus d'adhérer entièrement aux tableaux de classement bureaucratiques. Dans la division masculine des moins de 66 kg, Sukhrob Boqiev de Bahreïn est entré dans l'arène avec un modeste classement mondial de 277. Face à Iago Abuladze lors de sa finale inaugurale du circuit mondial, Boqiev a totalement déjoué les attentes pour s'assurer une médaille d'or choc. Le vice-président de l'IJF, Obaid Al Anzi, a remis le prix à un athlète qui a démontré à quel point les classements administratifs comptent peu une fois le combat commencé.
Les surprises ne se sont pas limitées aux divisions masculines. Lors de la finale féminine des moins de 52 kg, la médaillée olympique française Amandine Buchard a chuté face à la Croate Tihea Topolovec, qui a marqué un waza ari décisif pour remporter sa première médaille d'or du Grand Chelem. Le membre du CIO, Balazs Furjes, a distribué les honneurs. La France a trouvé une certaine consolation dans la division des moins de 57 kg, où Martha Fawaz a profité d'une attaque faible de la Brésilienne Shirlen Nascimento avec un o soto opportun, suivi d'un o uchi gari puissant pour s'assurer son deuxième titre du Grand Chelem. Le vice-président de l'IJF, Siteny Randrianasoloniaiko, lui a remis la médaille.
Le pays hôte a également produit des performances notables, avec Narmandakh Bayanmunkh offrant une action de premier ordre pour les Émirats arabes unis. Alors que le tournoi d'Abu Dhabi entre dans sa deuxième journée, on se demande si le cycle incessant des événements internationaux de Grand Prix élève réellement le sport ou sert simplement de toile de fond somptueuse aux fédérations mondiales étendant leur empreinte régionale.
Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com
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