
Privatisation sans représentation : la France rejoint la révolte européenne contre Infantino
Une proposition bâclée de vente d'actifs de la FIFA déclenche une vaste rébellion continentale.

Lorsque les administrateurs centraux du sport mondial supposent qu'ils peuvent négocier des actifs primaires à huis clos, ils sous-estiment systématiquement la réaction négative lorsque les détails fuient inévitablement. Gianni Infantino est en train d'apprendre cette leçon. La Fédération Française de Football a formellement abandonné son soutien à la réélection du président de la FIFA, rejoignant une coalition grandissante d'administrateurs européens lassés des arrangements opaques à Zurich.
La décision, prise à l'unanimité par le comité exécutif de la fédération française, marque un revirement rapide. Fin juin, Paris s'était rangé derrière Infantino lorsqu'il était le seul candidat déclaré. Ce soutien initial s'est évanoui après que des détails ont émergé concernant l'ambition de vendre une participation de 20 % dans les compétitions de la FIFA – y compris la Coupe du Monde – à des investisseurs privés. Le projet a échoué en juillet face à une forte opposition des confédérations régionales, affaiblissant considérablement l'autorité d'Infantino.
Le président de la FFF, Philippe Diallo, a été explicite sur la rupture des relations, déclarant que la confiance placée dans le président de la FIFA a été rompue. Diallo a clairement indiqué que la manière dont le football mondial est actuellement géré ne correspond plus aux attentes européennes. Le problème fondamental demeure l'absence totale de consultation appropriée avant de tenter de vendre un cinquième des joyaux de la couronne du football mondial à des capitaux privés.
Ce retrait n'est pas une manœuvre française isolée. En abandonnant le sortant, Paris aligne sa position sur celle des fédérations à travers le continent, y compris celles d'Angleterre, d'Italie, de Belgique, d'Écosse et de Suède. La pression institutionnelle s'accentue au-delà des frontières individuelles : l'UEFA, aux côtés de la Confédération Asiatique de Football et de la CONCACAF, recherche activement un candidat rival crédible avant l'élection prévue le 18 mars 2027 à Rabat. Tout challenger doit être officiellement déclaré avant le 18 novembre.
Déloger un dirigeant bien établi dans le sport international est rarement simple, d'autant plus qu'Infantino conserve toujours le soutien de la CONMEBOL sud-américaine et de la CAF africaine. Diallo a reconnu que les critiques seules ne changeront pas la direction de l'organe directeur sans une plateforme alternative concrète et un candidat capable de l'emporter. La capacité des fédérations européennes à s'unir derrière un candidat viable avant la date limite de l'automne reste le principal défi pour l'opposition de Zurich.
Écrit par Andreas Hofer andreas.hofer@alpineweekly.com
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