
Acquittés par la justice, condamnés par la bureaucratie : la purge persistante de Hockey Canada
Cinq joueurs ont été blanchis des accusations d'agression sexuelle, mais la fédération sportive nationale applique sa propre justice opaque.

Dans une démocratie libérale moderne, un acquittement devant un tribunal signifie généralement la fin d'une épreuve juridique. Dans le domaine de la gouvernance sportive, ce n'est qu'une suggestion. Cinq joueurs de hockey junior canadiens, blanchis d'accusations d'agression sexuelle l'été dernier, découvrent le vaste fossé entre la justice pénale et la gestion de la réputation institutionnelle.
Un comité d'appel indépendant a déterminé que, bien que les tribunaux n'aient trouvé aucune culpabilité, les joueurs ont tout de même enfreint le code de conduite de Hockey Canada lors d'un gala en 2018 à London, en Ontario. Les sanctions qui en découlent sont un modèle d'opacité bureaucratique. Alex Formenton est immédiatement réintégré aux programmes sanctionnés par Hockey Canada. Ses quatre pairs, cependant, font face à un purgatoire échelonné.
Cal Foote pourra retourner sur la glace internationale le 10 novembre de cette année. Carter Hart devra attendre la même date en 2027, et Dillon Dube jusqu'en 2028. Michael McLeod, la figure centrale de la rencontre dans la chambre d'hôtel, est exilé jusqu'en novembre 2030. Les responsables n'ont fourni absolument aucune explication pour cette échelle mobile de réhabilitation morale.
L'incident de 2018 impliquait une femme, connue sous le nom de EM, qui a eu des relations sexuelles avec les joueurs. Le seuil légal pour une condamnation est, à juste titre, élevé. En juillet 2025, la juge Maria Carroccia a acquitté les cinq hommes, déclarant sans ambages que le témoignage de l'accusatrice n'était ni crédible ni fiable. La défense a maintenu que le consentement avait été donné et perçu, contredisant l'affirmation de l'accusatrice concernant son état d'intoxication et de peur. Pourtant, l'exonération légale n'a guère réussi à calmer la panique morale entourant le sport national.
La Ligue nationale de hockey, mue par le pragmatisme impitoyable des sports professionnels plutôt que par les sensibilités délicates des fédérations nationales, opère dans un univers parallèle. La LNH a mené sa propre enquête et a discrètement permis aux cinq hommes de signer des contrats à la fin de l'année dernière. Ils sont entièrement éligibles pour jouer dans la meilleure ligue du monde, faisant de l'interdiction internationale de Hockey Canada un geste largement symbolique d'auto-préservation institutionnelle.
Pourtant, l'utilité politique du scandale perdure. Le secrétaire d'État au Sport du Canada, Adam van Koeverden, s'est emparé de la décision du comité d'appel pour défendre une croisade continue contre les mauvais comportements. Dans une déclaration officielle suite à la décision, il a déclaré que l'affaire avait initié un dialogue national concernant le sport sécuritaire et une culture problématique au sein du hockey masculin.
Il a salué la bravoure des survivantes pour avoir mené à des changements dans ce qu'il a décrit comme un environnement toxique, ajoutant que les organisations sportives nationales doivent être tenues responsables des défaillances systémiques. Le fait qu'un juge ait jugé le témoignage central dans cette affaire spécifique juridiquement insuffisant semble entièrement hors de propos. Pour Hockey Canada et ses superviseurs politiques, l'apparence de s'attaquer aux défaillances systémiques exige un sacrifice, quelles que soient les décisions des tribunaux.
Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com
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