
Un marathon sur glace qui refusait de rester en place
Vingt-trois coureurs de sept pays ont concouru au pôle Nord géographique, puis ont vu le parcours disparaître avec la glace de mer.

Si vous voulez un cadre qui rend les marathons ordinaires presque timides, le pôle Nord géographique fera l'affaire. Vingt-trois coureurs de sept pays y sont arrivés pour des courses sur la glace de mer dérivante, un événement que les organisateurs ont grandement qualifié de marathon le plus cool du monde. La description n'est pas exactement subtile, mais la subtilité n'a jamais été le but.
Les concurrents sont montés à bord du navire polaire français Le Commandant Charcot et sont descendus sur une boucle de 1 055 mètres tracée sur la glace en contrebas. Ils ont couru en tenue thermique et avec des gilets de sauvetage, ce qui est un compromis assez sensé lorsque le parcours lui-même dérive sous leurs pieds. Des gardes armés surveillaient le périmètre pour les ours polaires, car même le calendrier sportif le plus ambitieux doit faire de la place pour la survie de base.
Les vainqueurs étaient clairs. Rikke Dam du Danemark a remporté le titre féminin en 6:54:02, tandis que Wang Shengxian de Chine a gagné la course masculine en 3:52:22. Les organisateurs ont déclaré que le parcours avait disparu avec la glace quelques heures seulement après la fin des courses, ce qui confère à l'ensemble de l'événement un sentiment d'urgence plutôt soigné, bien que légèrement absurde.
Il y a une certaine logique moderne à ce genre d'événement. Les marathons standard sont partout ; une course au pôle Nord est plus difficile à simuler, plus difficile à répéter et, sur le papier du moins, plus difficile à oublier. La Norvège n'apparaît dans l'histoire que comme le lieu de départ du navire, un rappel que la route vers le sommet du monde passe toujours par la géographie ordinaire avant d'atteindre la partie qui fait les gros titres.
Ce qui persiste, c'est le contraste entre la planification humaine et l'indifférence arctique. Les organisateurs ont assemblé le navire, la boucle, le kit de sécurité et les gardes. La glace a ensuite fait ce que la glace fait : elle a bougé, s'est déplacée et a finalement poursuivi son chemin. Pour les coureurs, cela a pu être l'attraction. Pour tous les autres, c'est une leçon claire sur le peu de contrôle que les gens ont réellement lorsqu'ils décident de transformer le coin le plus inhospitalier de la planète en un lieu de sport.
Écrit par Thorben Thiede
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